Ebola: où en est l'épidémie au Liberia, en Guinée, en Sierra Leone ?

Suspecté de porter le virus Ebola James Flomo est à l'isolement avec ses enfants. Son épouse Lorpu Flomo es t décédée trois jours plus tôt à Monrovia, au Libéria, le 21 Janvier, 2015.
© REUTERS/James Giahyue

Le chef de la mission des Nations unies pour l'action d'urgence contre Ebola s'est rendu ce jeudi au Mali. Ismael Ould Cheikh Ahmed y était pour une cérémonie marquant la fin de l'épidémie dans le pays. Le Mali n'a plus connu de cas d'Ebola depuis plus de 40 jours. En Guinée, en Sierra Leone et au Liberia, le nombre de malades est en baisse.

Ismael Ould Cheik Ahmed, le chef de la mission des Nations unies pour l'action d'urgence contre Ebola s'est félicité au Mali, des progrès enregistrés dans la lutte contre l'épidémie. La situation reste pourtant contrastée, même si elle s'améliore.

Le Liberia enregistre des succès, en revanche la Sierra Leone et la Guinée connaissent des problèmes. Ismael Ould Cheik Ahmed dresse un constat de la situation : « Le Liberia a fait des progrès remarquables. Aujourd’hui le Liberia c’est à peu près deux à trois cas par jour, ce qui est remarquable par rapport à ce que l’on a vu avant. Mais la situation au Liberia n’est pas encore réglée et nous disons qu’il faut rester vigilant. La Sierra Leone a l’un des taux les plus élevés [de contamination]. Ils ont entre 140 et 150 cas par semaine, ce qui continue à être énorme mais qui est un grand progrès par rapport à il y a trois semaines. C'est une énorme grosse chute. Mais ceci dit, c’est un chiffre qui est inquiétant parce que cela veut dire que l’on est entre 600 et 700 cas par mois et vous savez que chaque cas que nous découvrons peut cacher d’autres cas. La Guinée a aujourd’hui à peu près une quarantaine de cas par semaine ce qui peut paraître moins élevé, mais la Guinée a en fait deux foyers importants autour de ce qu’on appelle la ceinture de Conakry et dans la Guinée forestière ». 

Une cinquantaine de foyers éparpillés

Le chef de la mission des Nations unies a salué les progrès dans la prise en charge des malades. Le nombre de lits, mais également le nombre de centres de traitement nécessaires, sont en nombre suffisant. Il y a également sur place 254 équipes capables de faire les enterrements de manière sécurisée et qui mobilisent les communautés.

Toutefois, il reste des sujets d'inquiétude pour Ismael Ould Cheik Ahmed, le chef de la mission des Nations unies pour l'action d'urgence contre Ebola, et notamment le fait que l'épidémie soit éparpillée en une cinquantaine de foyers dans les trois pays touchés, Sierra Leone, Guinée et Liberia : « Ce à quoi nous assistons aujourd’hui, c’est une cinquantaine de petites épidémies éparpillées sur un territoire géographique beaucoup plus important, beaucoup de districts, de préfectures qui sont aujourd’hui atteints par la maladie et cela à mon avis demain, on a un type de réponse différent. Il nous faut une présence plus grande au niveau du district. Il nous faut encore plus de travail avec les communautés, encore plus de résistance». En Guinée, il y a aussi des attaques contre les soignants : « Je peux vous dire qu’en Guinée par exemple notre grand problème, c’est qu’il y a encore des attaques contre certain de nos soignants, des équipe qui viennent pour la mobilisation sociale, par exemple aujourd’hui l’ouverture des écoles, etc. Il y a encore une grande résistance et ceci nous inquiète.