Ebola: le Sénégal rouvre ses frontières terrestres avec la Guinée

En septembre 2014, dans les faubourgs de Dakar, des jeunes lisent une brochure sur la prévention du virus Ebola.
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Après cinq mois de fermeture pour cause d'Ebola, le Sénégal a rouvert lundi ses frontières terrestres avec la Guinée. Dakar avait déjà rouvert ses espaces aériens et maritimes avec son voisin. Cette décision fait suite à des rencontres entre autorités des deux pays durant lesquels des efforts importants ont été constatés.

« Cette frontière n’a pas pour vocation à rester fermée indéfiniment ». La ministre sénégalaise de la Santé Eva Marie Coll Seck avait prévenu : il s’agit pour le Sénégal d’une question de santé publique. Dès que les conditions le permettront, la frontière sera rouverte.

Il faut savoir que la communauté guinéenne est très importante au Sénégal et les va-et-vient incessants. Alors quand la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a appelé à la levée de toutes les restrictions sur les mouvements des personnes et des biens, rappelant le caractère contre-productif de ce genre de mesure,  le Sénégal a assuré qu’il entendait le message, mais la frontière restait fermée.

Alpha Condé, le président guinéen, s’en était même officiellement ému, reprochant au Sénégal de stigmatiser son pays. Les autorités sénégalaises avaient rappelé que Dakar avait ouvert un corridor humanitaire, en signe justement de solidarité. « On n’est pas passé très loin de la brouille entre les deux pays », rappelle un diplomate, qui ne cachait pas hier son soulagement.

Au ministère sénégalais de la Santé, on insiste sur la vigilance et les mesures de prévention mises en place aux différents points de passage : lavage des mains, prise de températures avec des thermo flashs. Il est aussi demandé aux voyageurs de remplir des fiches pour pouvoir retracer si besoin leur parcours.

L'OMS salue la décision

L'OMS, l'Organisation mondiale de la santé, salue cette décision, tout en demandant une vigilance accrue. Fadela Chaïb, porte-parole de l'organisation :

« L’OMS a toujours plaidé pour que les gens soient libres de se mouvoir dans les régions affectées par Ebola et les pays avoisinants. Ceci étant dit, il faut absolument également savoir que c’est à travers les frontières que le virus peut circuler. Du coup, l’OMS recommande à tous les pays d’avoir des plans de surveillance aux frontières, parce que le virus n’attend pas les frontières pour circuler. Donc il ne faut pas perturber le commerce ou les voyages des personnes qui vivent aux frontières, mais vraiment mettre en place des mécanismes de surveillance et de préparation afin justement que le virus ne passe pas d’un pays à un autre. Mais c’est une bonne chose que les frontières soient ouvertes. »