Nigeria: la menace de Boko Haram plane toujours sur Maiduguri

Une artère principale de Maiduguri sur laquelle sont installés des barrages policiers et militaires à la nuit tombée.
© RFI / Julie Vandal

Après l'attaque de Maiduguri dimanche 25 janvier par les hommes de Boko Haram, les autorités ont levé le couvre-feu et appellent ce lundi les populations à ne pas céder à la panique. L'armée dit avoir tué un grand nombre de miliciens de Boko Haram. Le correspondant du service haoussa de RFI s'est rendu à la morgue de l'hôpital de Maiduguri et dit avoir vu une centaine de corps.

Maiduguri a retrouvé ce lundi un semblant de normalité. Le couvre-feu décrété dimanche a été levé et les populations peuvent de nouveau circuler en ville. Mais la psychose est bel et bien présente. Selon le correspondant du service haoussa de RFI, l'armée a dressé dans la ville des barrages sur les principaux axes et fouille systématiquement les véhicules.

Le gouverneur de l'Etat de Borno, Kashim Shettima, a appelé les populations à ne pas paniquer et à ne pas quitter la ville. Il reconnait cependant que la prise par la secte de Monguno, localité garnison à 140 kilomètres au nord de Maiduguri, fait désormais peser une menace permanente sur Maiduguri.

Désormais, hormis la route qui mène vers l'Ouest vers la ville de Damaturu, les autres axes menant à Maiduguri sont sous la menace ou le contrôle direct de Boko Haram. La question n'est pas tant de savoir si Boko Haram attaquera à nouveau Maiduguri, mais quand elle le fera. La secte considère en effet Maiduguri comme son fief naturel ; c'est dans cette ville que Mohamed Yusuf l'a créée. Maiduguri vit des jours d'autant plus difficiles que la ville est bondée. Environ 500 000 personnes chassées par Boko Haram y ont trouvé refuge.

Je suis allé à l’hôpital ce matin et j’ai vu environ une centaine de corps : des miliciens de Boko Haram, mais aussi des soldats de l’armée nigériane. Certains des corps avaient des uniformes, d’autres pas. Je dirais que la plupart des morts sont des jeunes hommes dont certains presque des enfants. Ces sont des combattants de Boko Haram.
Bello Duku
26-01-2015 - Par Olivier Rogez

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