RCA: l’ex-Seleka complique la préparation du Forum de réconciliation

Etat-major de la Seleka, à Bambari, le 19 avril 2014
© AFP PHOTO / MIGUEL MEDINA

En République centrafricaine (RCA), les consultations ont commencé en vue du Forum de réconciliation qui se tiendra à Bangui le mois prochain. Ces rencontres doivent réunir les émissaires venus de la capitale centrafricaine et les populations locales. Les choses se déroulent relativement comme prévu, à Bangui, mais dans les villes où l'ex-Seleka est implantée, c'est beaucoup plus compliqué.

Dans l’ouest du pays, le préfet de Bouar est enthousiaste. « Pendant une semaine, on va faire le tour des sous-préfectures. Ce mardi on reste ici, à Bouar. Avec le ministre résident, Victor Waké, on va à la rencontre des habitants dans le quartier haoussa. Mais mercredi, par exemple, on sera à Baoro », raconte Frédéric Ouagonda.

Si dans cette ville de l'ouest les choses se déroulent comme prévu, il n'en va pas de même dans l'est ou le nord. Dans les zones contrôlées par l'ex-Seleka, les consultations pour la préparation du Forum de réconciliation sont empêchées. Ainsi, à Bambari, une manifestation a barré la route à l'équipe de facilitateurs venue de Bangui, coincée sur le pont Ouaka, tandis qu'au même moment, une autre manifestation poussait cette même équipe à traverser pour mener à bien sa mission. Les émissaires ont dû être exfiltrés par la Minusca.

A Kaga Bandoro, les facilitateurs ont été arrêtés et détenus par l'ex-Seleka - rebaptisée FPRC (Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique) - qui avait prévenu qu'elle empêcherait les émissaires de Bangui de travailler. Des problèmes ont également été signalés à Bria. « On attend le retour de nos chefs de Nairobi ; ensuite on ira ensemble au Forum de Bangui », explique le colonel Moussa Maouloud Terap, porte-parole du FPRC.

Depuis un mois, à Nairobi, au Kenya, des partisans de Michel Djotodia et de François Bozizé négocient discrètement un accord de paix avec la bénédiction du médiateur, Denis Sassou-Nguesso, mais sans que les autorités de transition centrafricaines n'aient été associées. Au sein de l'ex-Seleka, beaucoup estiment que cet accord de Nairobi devra servir de base de travail au Forum de Bangui.