Attaques et attentats-suicides meurtriers se succèdent au Mali

La Mission des Nations unies au Mali a retiré son projet de démilitarisation dans le nord du Mali..
© AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARD

La situation se tend chaque jour davantage dans le nord du Mali. Après une manifestation au cours de laquelle trois personnes ont été tuées hier à Gao, la Mission des Nations unies au Mali a retiré son projet de démilitarisation de la zone de Tabankort. Un secteur situé dans la région de Gao où groupes armés pro-Bamako et rebelles s’affrontent violemment depuis des semaines. Une dizaine de personnes ont trouvé la mort dans cet assaut.

L’attaque a débuté à minuit quarante, précisément, entre Tabankort et Tabrichat, à 200 kilomètres au nord de Gao. C’est une position rebelle de la Coordination des mouvements de l’Azawad, tenue par le Mouvement arabe de l’Azawad, branche rebelle, qui est visée. L’attaque a été revendiquée par un porte-parole du Gatia, groupe armé touareg favorable à l’Etat malien.

Ici, les versions divergent : le Gatia affirme que l’attaque a été menée avec sept véhicules remplis de combattants, que huit rebelles ont été tués, deux véhicules brûlés et un autre saisi. Le Gatia assure n’avoir subi aucune perte.

Un porte-parole de la coordination des groupes rebelles affirme, quant à lui, que seuls huit hommes ont attaqué : quatre des kamikazes se seraient fait exploser, deux auraient été tués dans les combats –dont un homme de nationalité algérienne. Deux autres, enfin, des Peuls maliens, auraient été fait prisonniers. Les rebelles reconnaissent 6 victimes dans leurs rangs et deux véhicules brûlés.

De son côté, la Mission des Nations unies, qui n’était pas présente sur les lieux, confirme l’attaque mais ne donne aucun bilan.

Ce qui est sûr, c’est que l’échec des tentatives onusiennes pour démilitariser la zone de Tabankort et le retrait, mardi soir, d’un projet en cours de discussion avec les groupes armés, après une manifestation sanglante à Gao, n’aura apparemment pas apaisé la situation.


La président du Haut Conseil islamique du Mali appelle au calme

Une délégation de représentants religieux et de la société civile malienne est en ce moment en France pour rencontrer le gouvernement et discuter des futures négociations à Alger. L'imam Mahmoud Dicko, président du Haut Conseil islamique du Mali, a souhaité s'exprimer au micro de RFI au sujet des combats dans la région de Tabankort et de la manifestation contre la Minusma de Gao.

« Il faut absolument aller vers un accord, sinon il y aura en embourbement dans tous les sens. Nous pensons, puisqu’il y a des problèmes à Tabankort entre la Minusma et une partie de la population, qu’il est urgent qu’on recadre les choses. Je parle tout de même d’individus qui sèment des troubles qui, aujourd’hui, nous empêchent de voir clair et qui bouchent un peu l’horizon pour une paix durable. Je leur demande vraiment d’être plus raisonnables », a-t-il dit.

« Je profite de votre micro pour lancer un appel à mes compatriotes pour qu’on se calme. La Minusma est venue pour nous aider. Nous devrons vraiment être compréhensibles à son égard pour qu’ensemble nous puissions très rapidement trouver cette paix tant recherchée », a conclu l’imam Mahmoud Dicko.

A consulter: chiffres clés et chronologie du Mali