Tchad: répression meurtrière au lycée de Doba

Deux policiers tchadiens ont été bléssés lors de l'intervention des autorités contre des lycéens revendiquant leur droit de passer le baccalauréat, ici des policiers tchadiens en 2010.
© AFP PHOTO / PASCAL GUYOT

La manifestation des élèves de terminale, mardi 27 janvier, au lycée Pascal-Yoadimnadji de Doba, chef-lieu de la région du Logone oriental, aura fait au total deux morts, un élève et un passant, ainsi que six gendarmes et deux policiers blessés. La reprise des cours est prévue dès ce mercredi, une situation que dénonce l'avocat des victimes.

Les élèves ont déclenché cette manifestation parce que leurs noms ne figuraient pas sur la liste des candidats officiels pour les épreuves du baccalauréat qui vont se dérouler dans quatre à cinq mois. Les autorités de Doba déplorent ces violences et assurent que les forces de défense et de sécurité n'avaient pas l'intention de tuer. Mais pour l'avocat des victimes, il n'y a aucun respect pour les familles car les autorités ont d’ores et déjà appelé à la reprise des cours : « Il y a eu des balles réelles qui ont été utilisées pour abattre ces manifestants. Même s’ils ont utilisé les cailloux, on peut faire des tirs de sommation. On utilise des balles réelles contre des élèves ! Et les autorités appellent à la reprise dès demain [mercredi 28 janvier]. Les parents des victimes n’ont même pas fini de pleurer leurs morts, n’ont même pas fini d’enterrer leurs morts, on appelle à la reprise. On s’en moque des morts. »

Face à cette situation, l'avocat aurait souhaité la création d'un comité de crise « composé des autorités en charge de la sécurité, des autorités en charge de l’éducation, pour étudier ce qui a causé ça. Quelles solutions faut-il apporter ? Jusque-là, rien n’est fait et on s’en va directement à la reprise des cours. Mais est-ce que les esprits se sont déjà calmés ? Est-ce qu’il n’y aura pas autre chose ? Les élèves sont sous le choc, les parents sont sous le choc. Jusque-là, on ne connaît rien de ce qui s’est passé. Est-ce que vraiment il y a une commission qui a été créée ? Composée de qui, quoi ? On ne sait rien. »