Afrique du Sud: polémique autour d’experts militaires au Nigeria

Nosiviwe Mapisa-Nqakula , ministre sud-africaine de la Défense (photo prise en 2012)
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En Afrique du Sud, la polémique au sujet de la présence d’experts militaires sud-africains au Nigeria a commencé. Ils seraient sur place pour aider dans la lutte Boko Haram. En marge du sommet de l’Union africaine, à Addis Abeba, en Ethiopie, la ministre sud-africaine de la Défense, Nosiviwe Mapisa-Nqakula, a condamné la présence de ces mercenaires au Nigeria et appelé à leur arrestation.

 

Selon la presse sud-africaine, plus d’une centaine d’ex-soldats appartenant à une société de sécurité privée sont partis au Nigeria. Ils seraient là bas, à la demande du gouvernement nigérian, comme experts militaires pour former l’armée dans sa lutte contre Boko Haram.

Ils ne participeraient pas à des opérations militaires mais simplement à la formation de soldats. Cependant, pour la ministre sud-africaine de la Défense, il s’agit purement et simplement de mercenaires qui doivent être arrêtés dès leur retour en Afrique du Sud.

Nosiviwe Mapisa-Nqakula a indiqué que Pretoria n’avait reçu aucune demande officielle d’assistance militaire venant du Nigeria. Elle a rappelé que selon la loi sud-africaine, toute assistance militaire à un conflit, en dehors de l’armée sud-africaine, est illégale et est considérée comme un crime.

En effet, la loi interdit à un citoyen sud-africain d’aider militairement un autre pays, même s’il s’agit d’une demande d’un gouvernement démocratiquement élu pour lutter contre un groupe terroriste.

Cette loi a pour but d’empêcher d’anciens militaires de vendre leurs services et de participer à des guerres civiles ou à des coups d’Etat sur le continent. Néanmoins, pour André Roux, spécialiste militaire, cette loi ne peut être appliquée de façon aussi stricte puisqu’elle met Pretoria en porte à faux avec la communauté internationale dans sa lutte contre Boko Haram.