Difficiles négociations sur le Soudan du Sud à Addis Abeba

Le président du Soudan du Sud, Salva Kiir, lors de son arrivée au sommet de l'IGAD à Addis Abeba, ce jeudi 29 janvier 2015.
© AFP / ZACHARIAS ABUBEKER

En marge du sommet de l’Union africaine à Addis Abeba, s’est déroulé un sommet de l’IGAD, l’organe régional en charge de la médiation sur le Soudan du Sud. Après plus d’un an de conflit et malgré la signature de plusieurs accords, le pays est toujours en proie à la guerre entre les factions du président Salva Kiir et celles de son opposant Riek Machar. Jeudi, les deux belligérants ainsi que tous les présidents de la région étaient présents, mais la journée n’a permis aucune avancée.

Première surprise en arrivant au palace abritant ce sommet de l’IGAD : alors que les débats sont censés se dérouler au niveau des chefs d’Etat, la vaste salle est remplie de tout ce que le Soudan du Sud compte comme partenaires, médiateurs, observateurs, société civile… Mais point de président.

Quatre-vingt-dix minutes après l’heure prévue, Salva Kiir et son opposant, Riek Machar, entrent presque ensemble, se saluent longuement devant les caméras, puis vont s’asseoir à leur place.

Curiosité : Machar a été installé au premier rang, au même niveau que les chefs d’Etat de l’IGAD, alors qu’il n’a évidemment pas ce statut. On imagine en tout cas que le sommet va démarrer, mais l’attente se prolonge, s’éternise.

Le sommet a démarré, mais à l’écart

Au milieu de la salle bourdonnante, à quelques mètres l’un de l’autre, les deux hommes sont se font face, seuls. Le président sud-soudanais porte son éternel et large chapeau, son adversaire arbore son éternel et large sourire. On comprend finalement que le sommet a démarré, mais à l’écart, dans une petite salle attenante.

Kiir et Machar ont d’abord été écoutés, les six autres présidents de la région sont ensuite restés en conclave plus d’une heure, puis les deux belligérants sont retournés les voir.
Va-t-on alors avoir une annonce officielle ?

Les portes de la pièce s’ouvrent enfin, les chefs d’Etat en sortent au pas de charge, le visage fermé, se refusant à tout commentaire. Riek Machar est lui le dernier à quitter la pièce et lâche ces quelques mots, en anglais puis en arabe. « Pas encore, pas encore… Nous avons beaucoup parlé, mais il y a des difficultés. » C’est tout ce que l’on apprendra sur ces trois heures de discussion. Un nouveau « sommet » est désormais programmé pour samedi.