Enrichissement illicite au Sénégal: première audition de Bibo Bourgi

Ibrahima Aboukhalil Bourgi est accusé d'enrichissement illicite, avec le fils de l'ancien président, Karim Wade.
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Journée importante ce mercredi 28 janvier à la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei), avec pour la première fois, l’audition d’Ibrahima Aboukhalil Bourgi dit Bibo Bourgi. Ce riche homme d’affaires libanais est le principal co-accusé de Karim Wade. C’est d’ailleurs lui qui revendique près de la moitié des biens attribués par l’accusation à l’ancien ministre et fils de l’ex-président.

Avec notre correspondante à Dakar, Carine Frenk

Après moultes polémiques, et alors que son pronostic vital était en jeu selon plusieurs expertises médicales, Bibo Bourgi avait finalement été autorisé à se faire soigner en France. Il est revenu pour pouvoir se défendre, selon ses avocats.

Plus de fauteuil roulant ni de perfusion, c’est un homme debout qui vient à la barre. « Monsieur le président, je réfute toutes ces charges, affirme-t-il. Je n’ai à aucun moment aidé ou porté assistance à Karim Wade », déclare Bibo Bourgi. Dans le box des accusés, Karim Wade est absent. Il refuse de comparaître depuis qu’il a été brutalisé par les forces de l’ordre. Il a une entorse au genou.

« Je ne suis pas un homme qui joue le deuxième rôle »

Quant aux avocats de la défense, ceux de Karim Wade et de ses co-prévenus, depuis l’expulsion d’un des leurs, ils désertent eux aussi la salle d’audience. Mais Bibo Bourgi parle devant ses juges. « Comment peut-on penser que je suis le faire-valoir de Karim Wade. Je ne suis pas un homme qui joue le deuxième rôle. Qu’est-ce que ce Monsieur peut m’apporter que je n’ai déjà ? Un terrain, un immeuble, de l’argent ? Par mes parents et par la grâce de Dieu, j’ai tout eu. »

Sur ses comptes à Monaco, Bibo Bourgi rappelle que les enquêtes ont montré qu’il n’y a aucun flux financier entrant ou sortant entre Karim Wade et les sociétés qui lui appartiennent à lui et à son frère. « Ce qui est désolant, s’exclame-t-il, c’est que quand je dis qu’une société m’appartient, on dit que je suis un prête-nom et quand je dis qu’une société ne m’appartient pas, on m’en attribue la paternité. »

Revenant sur certains témoignages à charge, Bibo Bourgi déclare « il ne suffit pas d’affirmer les choses pour qu’elles soient vraies. »