Afrique du Sud: Eugène De Kock, figure de l'apartheid, remis en liberté

Eugène De Kock, figure de l'apartheid en Afrique du Sud, ici en 1999.
© AFP PHOTO / YOAVE LEMMER

En Afrique du Sud, celui qui était considéré comme le tueur numéro un sous l’apartheid va être libéré. Après 20 ans de prison, Eugène De Kock a obtenu sa libération conditionnelle. Cette décision, annoncée ce vendredi 30 janvier 2015, divise le pays.

Eugène De Kock, considéré comme l’une des personnalités les plus sombres de l’apartheid, va sortir de prison. Il était le chef d’une unité secrète de la police responsable de kidnappings, tortures et assassinats de militants anti-apartheid dans les années 1980. Il a été jugé responsable de plus d’une centaine de crimes et condamné à 212 ans de prison.

Aujourd’hui, la justice a donc décidé de lui accorder une libération conditionnelle pour bonne conduite, comme l’a expliqué Michael Masutha, le ministre de la Justice : « J’ai pris acte des progrès qu’il a faits et de l’assistance qu’il a apportée et qu’il continue d’apporter à l’équipe du procureur chargée d’enquêter sur les personnes toujours portées disparues », justifie Michael Masutha.

La demande de libération conditionnelle d’Eugène De Kock avait été refusée à deux reprises et ce vendredi matin, la décision du ministère de la Justice a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Winnie Mandela, l’ex-femme de Nelson Mandela, s’était pour sa part prononcée contre sa libération, espérant qu’il pourrisse en prison.

Les modalités de cette remise en liberté ne seront pas rendues publiques, à la demande d’Eugène De Kock qui, visiblement, craint pour sa vie.