Centrafrique: les accords de Nairobi nuls et non avenus pour la CEEAC

Le président du Tchad, Idriss Déby (ici à Ndjamena en novembre 2014) a participé à une réunion des pays de la CEEAC sur la RCA, en marge du sommet de l'Union africaine.
© AFP/MIGUEL MEDINA

En marge du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine, s’est tenue à l’ambassade du Tchad une réunion de la CEEAC. Etaient présents le Gabonais Ali Bongo, l’Equato-Guinéen Teodoro Obiang Nguema, le Congolais Denis Sassou Nguesso et le Tchadien Idriss Déby. Idriss Déby a été très clair : les conclusions des négociations de Nairobi, tant décriées par Bangui, ne seront pas retenues par la région.

Lors de ce mini-sommet, chacun a écouté Denis Sassou Nguesso avec la plus grande attention. Le médiateur congolais avait en effet, il y a deux mois, donné son aval aux discussions de Nairobi entre les anciens présidents Bozizé et Djotodia. Samedi, le président du Congo-Brazzaville a donc expliqué à ses pairs qu'à l'origine, ces pourparlers de Nairobi devaient simplement faciliter l'intégration de toutes les parties centrafricaines au futur forum de Bangui. M. Sassou Nguesso a reconnu qu'en signant l'accord de lundi dernier, MM. Bozizé et Djotodia étaient allés trop loin.

A la sortie de ce huis clos, son homologue tchadien Idriss Deby a résumé l'opinion général d'une formule choc au micro de RFI : « On revient à la case départ ». « Il y a eu des rencontres informelles qui ont eu lieu à Nairobi, ce n’est pas une mauvaise chose en soi, [mais] le résultat auquel elles sont parvenues ne peut pas aider la République centrafricaine à parvenir à la stabilité et à la paix, estime M. Deby.Donc on revient à la case de départ et nous reprenons tout ce que nous avions arrêté à Brazzaville. Nous allons soutenir la médiation, nous allons soutenir les forces en présence onusiennes, nous allons soutenir la transition, et même apporter un soutien financier de la CEEAC à la République centrafricaine. »

Le nouveau soutien financier sera fixé lors d’une réunion qui aura lieu le 16 février. Elle pourrait se tenir à Yaoundé. Ce sera un « sommet extraordinaire de la CEEAC », ajoute le président tchadien. « Ce sommet nous permettra aussi d’évoquer la menace Boko Haram et le soutien que nous pourrons apporter à la République centrafricaine ». En attendant, samedi, c'est un soutien aux autorités de la transition centrafricaine qui a donc été confirmé. A la sortie de ce mini-sommet, le Premier ministre centrafricain affichait un grand sourire.

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