La Tunisie a un nouveau gouvernement, Ennahda en fait partie

Le Premier ministre tunisien Habib Essid, au moment de présenter la composition de son équipe, ce lundi 2 février 2015 à Tunis.
© REUTERS/Zoubeir Souissi

Le premier ministre tunisien, Habib Essid, a proposé une nouvelle composition pour son gouvernement. Ce dernier compte désormais davantage de profils politiques et moins de technocrates. Une équipe élargie en effet à davantage de partis, dont les islamistes d’Ennahda.

Ennahda obtient plusieurs postes dont un ministère, celui de la Formation professionnelle et de l’Emploi, confié au porte-parole du mouvement, ZIed Ladhari. Trois secrétariats d’Etat sont également proposés au parti islamiste, malgré l’opposition que cette ouverture a pu soulever au sein du principal parti du pays, Nida Tounes.

Entrée également d’Afek Tounes, une formation centriste libérale, alliée naturelle de Nida Tounes, qui avait boudé la précédente proposition. Cette fois, son leader Yassine Brahim a été choisi comme ministre du Développement, de l'Investissement et de la Coopération internationale.

Un autre cadre du parti se voit confier le ministère de la Télécommunication et de l'Economie numérique. Cette entrée devrait garantir à Nida Tounes suffisamment de voix pour que ce cabinet obtienne la confiance de l’Assemblée, grâce également à la présence maintenue dans l'équipe du premier allié du parti majoritaire, l’Union patriotique libre.

Sans surprise, le nouveau gouvernement tunisien est donc dominé par Nida Tounes, qui se réserve toujours le ministère des Affaires étrangères, confié à Taïeb Baccouche, secrétaire général du parti. Mais aussi les Finances, attribuées au chargé de programme économique du mouvement Slim Chaker.

Plusieurs personnalités proches de Nida Tounes sont aussi là. Moins attendu en revanche : Najem Gharsalli reste à l’Intérieur, malgré l’Association des magistrats tunisiens et l’Observatoire de l’indépendance de la magistrature, qui l’accusent d’avoir harcelé des juges sous Ben Ali.