Lutte contre Boko Haram: le Nigeria change d'attitude

Un exercice conjoint entre l'armée nigériane et américaine à Lagos, le 18 octobre 2013.
© AFP PHOTO/ PIUS UTOMI EKPEI

L'armée tchadienne a déclenché, mardi 3 février, une offensive terrestre au Nigeria contre Boko Haram, pénétrant dans la ville de Gamboru depuis la frontière camerounaise. Un développement important qui est le signe d’un changement d’attitude des Nigérians dans la gestion du conflit avec Boko Haram.

Aveu de faiblesse ou simple pragmatisme, le Nigeria traditionnellement chatouilleux sur les questions de souveraineté territoriale joue désormais la carte de la coopération en autorisant l’intervention des Tchadiens sur son sol. Ndjamena s’est bien sûr empressé de préciser qu’il ne s’agit « ni d’une incursion, ni d’une opération, mais bien d’une riposte en usant d’un droit de poursuite après des attaques islamistes ». Subtilité du langage diplomatique qui prévaut ces derniers temps.

De son côté, Abuja, qui avait refusé il y a une semaine toute présence d’une force régionale sur son territoire, s’est ravisé ce lundi 2 février après les appels insistants de l’Union africaine. Mike Omeri, le coordonnateur du Centre d'information national (NIC), a salué l’initiative de l’organisation panafricaine, tout en ajoutant qu'« accepter la présence de troupes étrangères ne veut pas dire que l’on a échoué ».

Des propos clairement embarrassés qui sont passés relativement inaperçus. Il faut dire que les Nigérians ont les yeux rivés sur les derniers jours de la campagne présidentielle. Sur le terrain pourtant, des éléments de l’armée reconnaissent sous couvert de l’anonymat qu’une aide extérieure est salutaire, voire indispensable.

Un soldat en poste dans l’extrême nord-est du pays, interrogé par le service haoussa de RFI, expliquait que l’armée nigériane, faute de moyens et de troupes aguerries, ne pouvait à elle seule venir à bout de l’insurrection islamiste.