Libye: attaque meurtrière d'une installation pétrolière au sud de Syrte

Si l'attaque n'a pas été revendiquée, elle porte la marque des jihadistes.
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En Libye, dans la nuit de mardi à mercredi 4 février, le champ pétrolier al-Mabrouk a été attaqué au sud de Syrte. Le dernier bilan fait état de onze morts, dix Libyens et un Nigérien. Trois Philippins sont portés disparus.

L'attaque porte une nouvelle fois la marque des groupes jihadistes, mais aucune revendication n'a encore été diffusée. Le groupe armé n'a laissé aucune chance aux gardes de l'installation pétrolière, situées à 170 km au sud de la ville de Syrte. Presque tous ont été tués par égorgement sauf un, exécuté par balle.

Le champ al-Mabrouk est exploité par une entreprise dont le groupe français Total est actionnaire. Et c'est sans doute les intérêts étrangers plus que la manne pétrolière qui sont visés dans cette attaque. A l'est de la Libye, les forces des deux gouvernements s'affrontent depuis des mois pour le contrôle des terminaux pétroliers autour de Cyrénaïque.

Si l'attaque meurtrière n'a pas été revendiquée, il s'agirait selon l'un des employés cité par l'AFP de la branche libyenne de l'organisation Etat islamique de plus en plus active depuis sa création, il y a à peine trois mois.

Depuis l'été 2013, la ville de Syrte, ancien bastion et lieu de naissance du colonel Kadhafi, est sous coupe de la milice Ansar al-Charia. Ses hommes en armes y patrouillent avec leur police islamique pour faire appliquer la charia. Les assassinats ciblés parfois d'humanitaires, notamment d'étrangers, y sont réguliers depuis deux ans. Aujourd'hui, le groupe Etat islamique semble lui aussi vouloir s'imposer dans cette ville du litoral libyen. L'EI a déjà revendiqué l'enlèvement de 21 coptes égyptiens à Syrte en décembre dernier, mais aussi la destruction de mausolées soufis, considérés comme contraires à l'islam.