RDC: la Monusco conditionne son soutien au départ de deux généraux

Des soldats de la paix de la Monusco lors d’une patrouille en RDC.
© Photo MONUSCO/Force

Le gouvernement congolais se dit surpris des accusations portées par l'ONU contre deux de ces généraux qui viennent d'être nommés au Nord-Kivu. Son porte-parole Lambert Mendé précise n'avoir reçu aucune information relative à des violations des droits de l'homme les concernant. Aucun dossier judiciaire n'est ouvert contre eux, a renchéri le ministre congolais de la Communication ajoutant qu'il n'est donc pas question de les remplacer pour le moment. C'est pourtant ce qu'a demandé le chef des opérations de maintien de la paix des Nations unies vendredi dernier. Hervé Ladsous avait donné deux semaines au gouvernement congolais pour régler ce problème ou cela pourrait remettre en question le soutien de la Monusco aux opérations contre les FDLR.

Difficile de voir l'issue de ce nouveau bras de fer entre l'ONU et Kinshasa. Car c'est avant tout la Monusco qui, sous la pression de la communauté internationale et des Etats-Unis en tête, est désireuse de voir ces opérations se dérouler dans les plus brefs délais. Des opérations annoncées par l'armée congolaise qui, selon la mission onusienne, n'ont pas encore véritablement commencé sur le terrain.

Mercredi, Martin Kobler, le patron de la Monusco, promettait encore un soutien aux FARDC. Et ce, malgré l'ultimatum lancé par son patron, Hervé Ladsous. Selon un officiel onusien à New York, c'est pourtant le même Martin Kobler qui est censé maintenir la pression sur le gouvernement congolais. Du côté de la Monusco, on dit ne pas vouloir ouvertement se mettre en porte-à-faux vis-à-vis du partenaire congolais.

Au-delà de ces divergences de façade, ce que cherche avant tout l'ONU, c'est à ramener Kinshasa à de meilleurs sentiments : le retrait de ces deux officiers qui sont sur sa liste rouge, mais aussi la participation conjointe aux opérations. Cela permettrait à la Monusco de s'assurer de leur réalité sur le terrain mais aussi qu'elles soient « propres », autrement dit d'éviter les violations massives des droits de l'homme commises lors de précédentes opérations en 2009. Côté onusien, beaucoup se demandent aujourd'hui si Kinshasa n'a pas fait exprès de nommer ces généraux pour provoquer la Monusco et repousser encore les opérations contre les FDLR.