Le 21e Maghreb des livres œuvre pour la fraternité

Détail de l'affiche de la 21e édition du Maghreb des livres, du 7 au 8 février 2015 à Paris.
© DR

À l’Hôtel de Ville de Paris, plus que 130 auteurs des deux côtés de la Méditerranée seront ce week-end présent pour rencontrer et discuter avec leur public. C’est la 21e édition du Maghreb des livres qui ouvre ces samedi 7 et dimanche 8 février ses portes. Les lettres tunisiennes seront particulièrement à l’honneur cette année, mais l’écrivain algérien Kamel Daoud, menacé par une fatwa, et un coin spécial caricaturistes (« Faut rigoler ! ») en hommage à Charlie Hebdo nous rappellent que la littérature est plus que jamais au cœur de l’actualité.

« C’est un lieu magique où il y a des Français, des Algériens, des Marocains, des Tunisiens, des gens de France, du Maghreb, mais aussi des Maghrébins qui viennent spécialement du Canada, de la Suède, des Pays bas, de l’Allemagne ou du fin fonds de l’Afrique noire » s’enthousiasme Georges Morin, le président du Maghreb des livres, quelques heures avant l’ouverture de cette plus grande librairie de la littérature maghrébine.

Un pont littéraire entre les deux rives

Ce weekend, l’Hôtel de Ville de Paris sera le lieu de tous les rendez-vous. Plus que 130 auteurs, des maisons d’éditions des deux côtés de la Méditerranée et 40 000 visiteurs annoncés transformeront ce salon en pont littéraire entre les deux rives.  , selon George Morin, le président de l’association Coup de Soleil qui fêtent cette année ces 30 ans d’existence et organise depuis toujours ce salon littéraire qui réunit le « Maghreb de là-bas et le Maghreb d’en France ».

La Tunisie est cette année l’invitée d’honneur du salon. Géographiquement coincé entre ses deux grands voisins, la Libye et l’Algérie, ce petit pays avait montré la force de ses idées en déclenchant le Printemps arabe. Et dans la littérature aussi, la Tunisie occupe une place majeure dans le Maghreb. « Les lettres tunisiennes occupent une place beaucoup plus importante que le poids démographique de la Tunisie, avance Georges Morin. A mon avis, c’est la géographie qui le commande. C’est un pays de plaines, contrairement  au Maroc et l’Algérie qui sont surtout des pays de montagnes. En Tunisie, il y a des petites villes, alors il y a aussi une petite bourgeoisie très cultivée, avec une éducation beaucoup plus répandue et cela déjà avant la colonisation et la conquête arabe. Le peuple tunisien est aussi le peuple du Maghreb qui parle le mieux le français et l’arabe, sans aucun complexe d’une côté ou l’autre. C’est un pays qui a une place à part, avec des belles maisons d’édition, fondées avant celles du Maroc ou de l’Algérie. Et il y a des très fins lettrés en Tunisie. C’est le pays qui a donné naissance au Printemps arabe et c’est aussi le pays qui s’en sort le mieux. »

Les auteurs tunisiens

Parmi les auteurs tunisiens qui seront présent au Maghreb des livres figurent Azza Filali, Sofia Bessis, Emna Belhadj Yahia, Jilani Bechikh, mais aussi Faouzia Charfi. Et il y aura aussi pas mal de livres mentionnant la Tunisie dans leur titre comme Tunisie : carnets d’une Révolution de Mondher Kilani, Les islamistes tunisiens : entre l’Etat et la mosquée de Séverine Labat ou L’exception tunisienne : chronique d’une transition de Nicolas Beau. Et bien sûr, il y aura des prix littéraires, des café-littéraires, des entretiens, des lectures, des rencontres… La relation entre les auteurs et leurs lecteurs se trouve au cœur de cette manifestation qui présente des ouvrages en français et arabe, mais aussi en tamazight.

Kamel Daoud et Charlie Hebdo

Et la littérature maghrébine est plus que jamais au cœur de l’actualité. Menacé par une fatwa, l’écrivain algérien Kamel Daoud (Meursault, contre-enquête) a quand même tenu à se rendre au Maghreb des livres. Et les dessinateurs maghrébins combattront au salon avec un coin de caricatures (« Faut rigoler ! ») l’ombre de l’attaque terroriste contre Charlie Hebdo. Est-ce que le rôle du Salon Maghreb des livres a changé suite à ces événements tragiques ?

« Non, il n’a pas changé, s’exclame Georges Morin, mais il est vrai, nous sommes inondés de coups de téléphone et de messages de gens qui nous écrivent en disant : heureusement vous êtes là, continuez ! Tenez bon ! Depuis janvier, on a un nombre d’adhésions assez important. Mais notre association Coup de soleil est née, il y a 30 ans. A l’époque, nous étions plusieurs amis originaires du Maghreb, des chrétiens, des juifs, des musulmans, qui étaient révoltés par la montée du racisme anti-maghrébin en France. Trente ans après, on se retrouve un peu dans la même situation, avec des tensions, la déflagration du 7-Janvier, du 9-Janvier, du sursaut du 11-Janvier. Tout cela nous connaissons par cœur, car notre but était depuis toujours la lutte pour la fraternité, pour l’ouverture aux autres. Et on est toujours utile. »


Le programme de la 21e édition du Maghreb des livres, du 7 au 8 février 2015.

 

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