Niger: Diffa se réveille sous les tirs nourris de Boko Haram

La ville frontalière de Diffa, au Niger, se trouve à 7 kilomètres du Nigeria.
© AFP PHOTO / PIUS UTOMI EKPEI

Situation très tendue ce dimanche 8 gévrier à Diffa, ville garnison à la frontière entre le Niger et le Nigeria, où une délégation officielle menée par le ministre nigérien de la Défense s’est rendue samedi pour rendre hommage aux victimes des affrontements précédents entre Boko Haram et l’armée nigérienne sur place. Les combats ont repris tôt dans la matinée.

De notre envoyé spécial sur le front

La ville de Diffa s’est réveillée à 5h30, heure locale, sous les tirs d’obus. Des éléments de Boko Haram à moto et perchés sur des arbres lançaient des attaques sporadiques.

Leur objectif : tout faire pour détruire ou prendre l’unique pont qui enjambe la rivière Komadougou Yobé et accéder ainsi à la ville de Diffa, 7 kilomètres plus loin au Niger. Toutes les tentatives de Boko Haram avaient été repoussées à la mi-journée.

Ce pont est un véritable enjeu, car à partir de lundi 9 février, l’Assemblée nationale du Niger autorisera les troupes à franchir cette frontière pour repousser les éléments de Boko Haram.

Dans la matinée, la ville de Diffa a elle-même été secouée par l'explosion d'une bombe - ou d'un obus, selon les sources - sur le marché du poivron. Une personne a été tuée et au moins 10 autres ont été blessées, peut-être même plus de 15.

A 11h, heure locale, la délégation du ministre de la Défense et de l’état-major a essuyé des tirs de Boko Haram, obligeant ainsi les hommes du commandant qui défendaient le pont à déverser un véritable déluge de feu sous nos yeux.

Etait visé tout ce qui bougeait de l’autre côté de la rive du Komadougou Yobé. Mais côté Niger, tous les officiels sont sains et saufs et ont été exfiltrés de la zone des combats, qui se poursuivaient encore en fin de matinée.