[Reportage] Ebola: des footballeurs s'entrainent à nouveau au Liberia

Les joueurs du BYC ont retrouvé le terrain, au Liberia, le 9 février 2015.
© RFI/Sébastien Nemeth

Afin de limiter la propagation d'Ebola lors de rassemblements de foule, le gouvernement du Liberia avait interdit les compétitions sportives et les entraînements fin juillet 2014. Mais avec la baisse du nombre de cas, les autorités ont levé une partie de ces interdictions. Ainsi, dans le football, si le championnat national n'a pas repris, certains clubs jouant à l'international ont été autorisés à reprendre l'entraînement depuis le 2 janvier. Un retour à la normale assez compliqué pour les athlètes. Sébastien Németh est allé voir le BYC, le club des Barrack Young Controllers, champion du Liberia en titre.

Avec notre envoyé spécial à Monrovia, Sébastien Németh

Difficile de retrouver la forme après sept mois sans jouer. Depuis quatre semaines, le BYC redouble d'efforts au stade Blue Field. Le corpulent coach Robert Lartey Junior explique : « On est vraiment heureux que tout le monde soit vivant et puisse rejouer. Le Liberia adore le football. C'est le pays de Georges Weah. Mais Ebola a tout mis par terre. Au premier entraînement, certains joueurs étaient plus gros que moi, parce qu'ils étaient restés inactifs et ne faisaient que manger. Il a vraiment fallu discipliner tout le monde. »

L'équipe du BYC, champion du Liberia en titre.

Capitaine de l'équipe, Nathanial Sherman Junior souhaite refaire ses preuves sur le terrain : « Avant on était toujours sollicité, les gens voulaient nous voir, nous parler, nous serrer la main. Mais à cause du virus je restais à la maison. J'essayais de faire un peu de musculation. Mais les pompes et les abdominaux ce n'est pas pareil. Les premiers entraînements étaient très difficiles. J'étais en surpoids. Mais maintenant je suis de retour, pour montrer ce que je fais de mieux. »

Une joie en partie gâchée. Pour cause d'Ebola, le club a interdiction de jouer à domicile. Sekou Kone, président du BYC, y voit une double peine pour l'équipe : « On se bat contre l'épidémie, on essaie de donner de l'espoir aux gens et on nous empêche de le faire. C'est totalement injuste. Personne ne veut propager la maladie. Il y a des mesures d'hygiène possibles à appliquer. »

Le premier match du BYC est dans cinq jours, en Gambie, en championnat intercontinental. Rencontre que le président gambien Yahya Jammeh menace d'annuler pour cause d'Ebola.