300 migrants disparus dans des naufrages en Méditerranée?

Neuf migrants survivants sont arrivés au port de Lampedusa, ce mercredi 11 février.
© REUTERS/Antonio Parrinello

Ce sont deux bateaux qui auraient chaviré au large de la Libye. Ce mercredi 11 février, ils ne sont que neuf pour en témoigner, neuf survivants contre des centaines de disparus en mer. Selon le Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies, si l'on ajoute deux autres zodiacs potentiellement naufragés, plus de 300 migrants seraient portés disparus. En somme, il s'agit d'un nouveau drame de l’exode. Les rescapés ont rejoint l’île italienne de Lampedusa.

Avec notre correspondante à Rome,  Anne Tréca

Ils sont neuf, ils viennent du Mali et du Sénégal, et ils ont été secourus par un bateau italien. Ils sont arrivés ce mercredi matin sur l’île de Lampedusa, et racontent leur voyage infernal, dont ils sont les seuls survivants. Partis samedi des côtes libyennes à bord de deux gros zodiacs chargés chacun de plus d’une centaine de personnes, ils ont affronté la tempête avec des vagues hautes de 8 à 9 mètres.

Lundi après-midi semble-t-il, dans le canal de Sicile, un premier zodiac s’est renversé. L’autre s’est dégonflé à l’avant, créant la panique à bord. Au moins 203 personnes ont alors disparu en mer. Voilà qui alourdit dramatiquement le bilan de ces derniers jours, puisque déjà la marine militaire italienne avait déjà dû secourir lundi un troisième zodiac parti lui aussi de Libye samedi. Dans ce dernier cas, 76 migrants avaient pu être secourus, mais 29 autres étaient morts de froid, malgré les secours.

L'Italie face à un nouveau drame majeur

L’Italie est meurtrie par cette nouvelle catastrophe, de par le nombre des victimes, de par les conditions criminelles dans lesquelles les migrants ont été embarqués sur des bateaux beaucoup trop chargés, en plein hiver, avec une météo qui rend les opérations de sauvetage particulièrement difficiles, et qui ôte maintenant tout espoir de pouvoir retrouver les dépouilles des disparus.

Les recherches continuent quand même, d’autant que selon l’un des rescapés, la mer pourrait avoir fait bien plus de victimes. Un quatrième zodiac serait lui aussi parti samedi, mais il est pour l’instant introuvable. En l'absence de la moindre nouvelle de cette quatrième embarcation, l'Organisation internationale des migrations (OIM) et le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) considèrent que ses passagers aussi sont portés disparus, ce qui porte le nombre de victimes à environ 300...