Burundi: la société civile demande à Nkurunziza de renoncer à un 3e mandat

Pierre Nkurunziza, le président burundais.
© Reuters / Alessandro Di Meo

Au Burundi, le président Pierre Nkurunziza, à la tête de ce pays depuis dix ans, n’a jamais caché son intention de briguer un troisième mandat lors de la présidentielle prévue en juin. Il s’appuie sur un article de la Constitution qui serait ambigu selon lui, malgré les protestations de la société civile ou de l’opposition.

Personne ne se fait guère d’illusion au Burundi depuis bien longtemps sur la volonté du président Pierre Nkurunziza de rempiler. Il y a une semaine, le collectif « Campagne citoyenne, Non à un troisième mandat » lui a donc écrit une lettre plutôt discrète. Il n’a pas reçu de réponse, mais cette fois, ces organisations de la société civile du Burundi interpellent publiquement le chef de l’Etat burundais pour lui demander de prendre exemple sur son voisin de RDC, Joseph Kabila, et renoncer définitivement à son projet.

La mobilisation est la clé pour Vital Nshimirimana, l’un des leaders du collectif : « Il n’est pas encore tard. Nous lui demandons de sortir de son silence pour annoncer qu’il renonce officiellement à briguer le 3e mandat, auquel cas il aura prévenu une violence qui est vraiment évidente. »

« Inéluctable » également, selon cette figure de la société civile burundaise, qui rappelle à Nkurunziza que c’est la pression populaire qui a dissuadé le président congolais de rester au pouvoir. « Les Burundais sont déterminés à lui faire barrage parce que les Burundais n’ont rien de différent avec les Congolais, les Burkinabè, les Maliens, lorsqu’il s’agit de défendre leurs droits, l’avenir du pays », prévient Vital Nshimirimana.

Mais ce combat s’annonce très rude. A quatre mois de la présidentielle au Burundi, le camp de Pierre Nkurunziza n’a rien prévu pour sa succession. Il serait plutôt en train de préparer secrètement à cette bataille, malgré les dénégations de ses proches.