Côte d'Ivoire: les ex-ministres de Laurent Gbagbo à la barre

Aux côtés de Simone Gbagbo, l'ancien Premier ministre Gilbert Ake N'Gbo, dans le box des accusés lors du procès.
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Le procès aux assises de Simone Gbagbo et de ses 82 co-accusés se poursuit à Abidjan. Après les présumés hommes de main du camp de Laurent Gbgabo lundi, ce sont les membres du gouvernement – à commencer par son Premier ministre – qui ont dû répondre des accusations « d'atteintes à la sûreté de l'Etat ». Gilbert Aké N'Gbo a nié toute responsabilité dans les violences de la crise post-électorale. Mardi, d'autres ministres ont fait de même.

Comme leurs prédécesseurs lundi, les quatre ex-membres du gouvernement Aké N'Gbo ont plaidé non coupables lorsque les chefs d'accusation leur ont été signifiés. Et là où il aura fallu presque une journée par accusé pour auditionner les seconds couteaux de ce procès en assises, les quatre ex-ministres ont eux été entendus en moins de quatre heures.

Quatre heures pour écouter Christine Adjobi, l’ex-ministre de la Santé, dire qu'elle déteste l'injustice et qu'elle a été refoulée quand elle a demandé assistance à l'Onuci au plus fort de la crise post-électorale.

Quatre heures pour qu'Ettien Amoikon, ministre des Technologies de l'information, explique qu'il était trop occupé à l'époque à s'occuper des arriérés de salaires des fonctionnaires de la Poste pour appeler les Ivoiriens à prendre les armes.

Quatre heures pour que Raphaël Dogo, l’ancien ministre des Handicapés décrive ses difficultés à trouver un refuge pendant les heures chaudes de la crise.

Le plus éloquent fut sans doute Alcide Djédjé, ex-ministre des Affaires étrangères. Après avoir longuement invectivé Youn-jin Choi, le représentant de l'Onuci pour son rôle joué dans la crise ivoirienne, Alcide Djédjé s'est livré face au président de la cour à une grande plaidoirie sur le thème de la réconciliation nationale : « Les juges sont encore en train de nous juger alors qu'on parle de réconciliation, déclame le diplomate. On ne peut pas être en train de régler les questions de 2010 alors qu'on parle des élections de 2015. »

« Vous voulez que l'on aille vite ? » Ironise le président Tahirou Dembelé. « Vite et bien », répond le ministre de Laurent Gbagbo. L'avocat général, pour sa part, n'aura pas eu beaucoup de questions à poser aux accusés.