Ebola: les Etats-Unis retirent leurs soldats, mais restent vigilants

Le président américain Barack Obama lors de son discours sur les progrès de la lutte contre l'épidémie d'Ebola, le 11 février 2015.
© REUTERS/Jonathan Ernst

Les Etats-Unis ont annoncé mercredi le retrait de leurs soldats déployés en Afrique de l'Ouest pour lutter contre la fièvre Ebola, car l'épidémie est en net retrait, d'après les informations données par le Centre de contrôle sanitaire américain. Plus de la moitié des troupes sont déjà reparties et à la fin du mois d'avril prochain, seuls 100 militaires resteront au Liberia, en « mission de veille ».

Avec notre correspondante à Washington, Anne-Marie Capomaccio

« Je veux être très clair, a déclaré Barack Obama. Alors que nos troupes rentrent à la maison, le travail de l'Amérique n'est pas terminé. La mission n'est pas accomplie. Chaque cas qui n'est pas soigné peut allumer un nouvel incendie. Donc nous passons d'une lutte contre l'épidémie à une phase d'extinction de l'épidémie. »

Voilà le message essentiel de Barack Obama : l'Afrique de l'Ouest va mieux et l'épidémie est sous contrôle, mais il ne faut pas crier victoire et rester vigilant. « L’automne dernier, nous avions entre 800 et 1 000 cas par semaine, aujourd’hui nous avons entre 100 et 150 cas par semaine. Une baisse de plus de 80%. C’est au Liberia qu’on voit le plus de progrès, la Sierra Leone va dans la bonne direction. C’est en Guinée que le chemin à parcourir est le plus long. Notre but à présent est d’arriver à zéro cas », a expliqué le président américain.

« Nous sommes tous connectés »

Le président des Etats-Unis est revenu sur la polémique qui a agité l'Amérique l'été dernier. Certains élus avaient préconisé la fermeture des frontières et s'étaient émus à l'idée d'envoyer des Américains sur le terrain. La démarche de la Maison Blanche, depuis le début, a été d'expliquer que les Etats-Unis ne peuvent pas s'isoler du monde et qu'il ne s'agit pas de faire de la charité en apportant du soutien aux pays touchés, mais d'agir contre un problème à l'échelle planétaire :

« Cette épidémie a été une alerte salutaire, c’est pourquoi il est important de tirer les leçons de ce que nous avons fait afin de pouvoir agir dans le futur, a-t-il souligné. Au XXIe siècle, on ne peut pas creuser de douves autour de notre pays, nous n’avons pas de ponts à lever et nous ne devons même pas essayer. Ce que nous devons faire au contraire, c’est travailler pour que chacun ait un système de santé qui fonctionne, ainsi ils pourront nous alerter sur toute résurgence d’épidémie. Ceci n’est pas de la charité ! L’investissement que nous faisons outre-Atlantique est dans notre propre intérêt. Ce n’est pas de la charité ! Nous le faisons car nous sommes tous connectés ! »

Au plus fort de la crise, 2 800 militaires américains étaient sur le terrain. Ils vont rentrer fin avril, et seront remplacés par des volontaires civils.