Niger: mesures de sécurité renforcées à Zinder contre Boko Haram

Les autorités nigériennes craignent que des combattants de Boko Haram soient infiltrés parmi les déplacés arrivés dans la zone de Diffa.
© © Katy Thiam/OCHA Niger

Au Niger, il n'y a pas eu de nouvelles attaques dans la zone de Diffa, mais la tension et l'insécurité se font sentir jusqu’à Zinder, la grande ville de la région située à 350 kilomètres de Diffa. Les mesures de sécurité ont été accrues.

Près de 4 000 déplacés sont arrivés à Zinder depuis lundi d'après les autorités locales. Principale crainte : la présence de combattants de Boko Haram dans les camions qui arrivent de la zone de Diffa. Si le calme règne à Zinder, la population craint des attaques.

« Tout le monde parle de ça : des attaques, notamment des placements de bombes, rapporte El Hadj Ilia, l'un des représentants de la société civile. Vraiment, c’est ce qu’on craint. Nous avons vraiment appelé tout le monde à être vigilant et à être solidaire. »

Contrôles routiers multipliés, patrouilles dans Zinder comme en brousse. Le gouverneur de Zinder, Kalla Moutari, indique que le renforcement des mesures de sécurité a permis l'arrestation de membres supposés de Boko Haram : « Il y a beaucoup de probabilités pour que les gens de Boko Haram s’infiltrent dans la population venue de Diffa, affirme-t-il. (…) Mais pour l’essentiel, la vie est normale à Zinder. Nous avons demandé à la population d’ouvrir les yeux. C’est-à-dire : vous voyez quelque chose, vous informez. Nous avons extrait des personnes que nous suspectons d’appartenir à ce mouvement là, ça je peux vous le confirmer. »

Particulièrement sensibles, les axes routiers. Les transporteurs et les chauffeurs sont appelés à donner l'alerte en cas de problèmes. Babaye Danyaro représente le syndicat des transporteurs de la région : « Nous voulons que les conducteurs, comme les transporteurs, comme les voyageurs collaborent pour que nous puissions détecter s’il y a des malfaiteurs dans les véhicules. »

Les habitants de la zone de Zinder peuvent appeler 24 heures sur 24, le 17 de la police, le 18 de la sécurité civile ainsi que huit autres numéros. La liste complète est diffusée sur les radios locales.