Présidentielle au Burundi: Nkurunziza répond à la société civile

Le président burundais Pierre Nkurunziza soutient mordicus son droit à briguer un nouveau mandat.
© AFP/Pierre Andrieu

Il y a dix jours, la société civile du Burundi regroupée dans un collectif récemment constitué, « Campagne citoyenne, non à un troisième mandat », a écrit une lettre au président Pierre Nkurunziza, avant de l’appeler publiquement à « renoncer définitivement à briguer un nouveau mandat présidentiel ». Même si le chef d’Etat ne l’a pas encore annoncé officiellement, il n’a jamais fait mystère de son envie de se représenter. Sa réponse à l’ultimatum est tombée. Elle est pour le moins sèche.

La réplique de la présidence du Burundi sonne comme une claque. « Nous avons réservé une fin de non recevoir à cette correspondance », indique sans détour Willy Nyamitwe, qui a la haute main sur la communication du président burundais.

Selon le porte-parole, Pierre Nkurunziza a toujours été clair sur cette question en disant que c’est son parti, le Cndd-FDD, qui choisira son candidat le moment venu, dans le respect de la Constitution du Burundi.

Mais c’est là où le bât blesse. La société civile et l’opposition burundaises soutiennent que l’accord de paix d’Arusha et la Constitution interdisent à Nkurunziza de briguer un troisième mandat. Lui et ses soutiens rétorquent en se basant sur ce même texte, que son premier mandat ne compte pas car il a été élu en 2005 par le Parlement.

Willy Nyamitwe soutient donc aujourd’hui que s’il est prouvé par les instances habilitées que la Constitution ne serait pas violée si Nkurunziza se représentait, « quiconque s’y opposerait serait considéré comme hors-la-loi ».

A quatre mois de la présidentielle, Pierre Nkurunziza est droit dans ses bottes, malgré les mises en garde répétées de la société civile et de l’opposition burundaises. Il semble faire également peu de cas, jusqu’ici, des appels allant dans le même sens lancés notamment par les Etats-Unis.