Burkina Faso: le secteur public en grève

Peu d’activités dans le centre-ville de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, où les syndicats du secteur public ont appelé à la grève, le 17février 2015.
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Au Burkina Faso, les syndicats ont lancé une grève de 48h. Ils attendent des réponses « significatives » du gouvernement face à leurs revendications et menacent de descendre dans la rue si le gouvernement ne consent pas une baisse d’au moins 100 francs CFA sur le litre du carburant vendu à la pompe.

L’Unité d’action syndicale exige des poursuites judiciaires contre les auteurs de crimes de sang et de crimes économiques. Elle demande aussi des solutions aux problèmes des travailleurs ayant perdu leurs emplois après l’insurrection populaire et une baisse du prix du carburant à la pompe.

« Depuis 2012 jusqu’à l’heure actuelle, nous avons constaté que le prix du baril est passé de 130 dollars à 45 dollars, mais c’est en tenant compte du contexte que le pays traverse, que le mouvement syndical a estimé qu’il ne fallait peut-être pas être extrémiste et qu’il fallait au moins, de façon raisonnable, demander la baisse qui pouvait être constatée entre 100 à 150 francs », explique Bassolma Bazié, le secrétaire général de la Confédération générale du travail au Burkina.

Les écoles et hôpitaux aussi touchés

Les classes sont restées fermées dans de nombreux établissements d’enseignement, certains services ont fonctionné au ralenti, comme au Centre universitaire Yalgado Ouedraogo, dont docteur Ali Taro est le chef d’équipe aux urgences médicales : « Plus des deux tiers de notre effectif ne sont pas là. Nous sommes débordés ».

Pour pallier le manque de personnel, la direction de l’hôpital a fait appel aux élèves de l’Ecole nationale de santé publique, comme l’explique Sourou Sanou, responsable à la communication de l’hôpital : « Aujourd’hui, s’il y a un besoin de ressources humaines, nous priorisons les services d’urgence ».

L’Unité d’action syndicale prévoit une journée nationale de protestation, si le gouvernement n’apporte pas de réponse satisfaisante à leur plate-forme revendicative.