[Boko Haram] Niger: Bosso sous contrôle mais vidé de ses habitants

Les soldats nigériens face à des combattants armés de Boko Haram, mi-janvier à Bosso. Au Loin, un drapeau des jihadistes.
© RFI/ Nicolas Champeaux

Les forces tchadiennes engagées dans la lutte contre la secte islamiste Boko Haram sont déployées à Bosso aux côtés des forces nigériennes avec lesquelles ellesont affronté, le 6 février dernier, les combattants extrémistes islamistes. Depuis, cette ville du sud-est du Niger, vidée de ses habitants est tenue par les deux armées qui constituent la force mixte. Bosso est devenue une ville fantôme.

Le camp des forces mixte, situé à l’écart de la ville est le seul endroit où se manifeste une présence humaine. Dès que l’on s’en éloigne et que l’on entre dans la ville, ce sont des rues désertes, un silence pesant. Ici, une cour avec des chambres aux portes entrouvertes, là des chèvres qui mangent des grains de maïs à travers un sac déchiré.

De temps à autre, des poules traversent une rue en courant. Mais aucune présence humaine. Les habitants de Bosso ont déserté la ville après les combats qui ont lieu au début du mois de février explique-t-on à RFI.

En s’éloignant de la ville vers le fleuve, on croise des soldats postés le long de la rive. Le colonel Azem Bermandoa des forces armées tchadiennes explique en montrant du doigt que l’ennemi n’est pas loin : « Si on traverse cette vallée, là-bas on est déjà au Nigeria. Les arbres là-bas, c’est le Nigeria. Ils sont pratiquement à un kilomètre et demi. Ce sont des guetteurs et des hommes pour venir combattre. C’est le combat asymétrique, ce sont des paysans, des civils. »

Sur la rive, à côté des champs de piments aux récoltes abandonnées, des traces de pelleteuse. C’est les où ont été enterrés les éléments de la secte tués lors de la bataille du 6 février. Soudain, on soupçonne une présence de l’autre côté de la rive. Les soldats prennent position. Mais après vérification, il n’y a rien. Un jeune soldat sourit et lance : « On a célébré le premier mariage, nous leurs avions montré que les hommes c’est nous. On les attend encore. »