Niger: le village d’Abadam bombardé par un avion non identifié

Des soldats nigériens en reconnaissance à la frontière avec le Nigeria, le 18 janvier 2015.
© RFI/ Nicolas Champeaux

Au Niger, le village nigérien d’Abadam a été bombardé, mardi 17 février, dans l’après-midi, par un avion « non identifié ». Une trentaine de personnes ont été tuées par les déflagrations et plusieurs blessés évacués sur Diffa, ce mercredi. Le Niger a annoncé l'ouverture d'une enquête et décrété trois jours de deuil national. L'envoyé spécial de RFI est à Bosso, à une dizaine de kilomètres d’Abadam.

Avec notre envoyé spécial à Bosso

C’est vers 16h00, mardi après-midi, Le 17 février, que le village d’Abadam a reçu la déflagration venant d’un avion que beaucoup d’habitants, joints sur place, ont identifié comme un avion nigérian. En tout cas, les Tchadiens et Nigériens, avec lesquels nous nous trouvons, ont indiqué n’avoir pas mené d’activités sur la zone, mardi. Le Nigeria lui aussi dément avoir bombardé.

« Il y avait deux avions qui étaient venus. L'un a largué deux bombes : l'une à peu près à cent mètres et l'autre à peu près deux cents mètres. La troisième est venue du second avion qui a largué la bombe juste à côté de la mosquée. Nous avons vu la couleur qui correspond au drapeau du Nigeria, la couleur verte et la couleur blanche. L'avion portait ces deux couleurs, et c'est ce qui nous a amené à dire que ces avions appartiennent certainement à l'Etat nigérian », a dit ce témoin joint par RFI.

Toujours selon des sources jointes sur place, il y a eu 37 morts enterrés ce mercredi matin et plusieurs blessés ont été transportés en direction de Diffa. « J’étais le premier à être sur la place et j’ai vu devant moi des vieillards, des petits enfants qui étaient sans vie. Le bâtiment de la mosquée était écroulé. A part la mosquée, quatre à cinq maisons sont détruites, détaille un témoin joint sur place par RFI. Dans ces maisons, on a vu huit corps dont trois petits enfants, une fillette de 12-13 ans, sa maman et aussi des femmes qui prenaient de l’eau. Le chef de village qui se trouvait lui-même à cet instant précis dans la mosquée est décédé ainsi que deux de ses enfants. Sa femme est actuellement à l’hôpital de Diffa dans un état très grave. »

Une patrouille de l’armée nigérienne a été dépêchée sur place. Ici, à Bosso, on rappelle que le village d’Abadam, situé sur la frontière, fait face à un autre village nigérian qui porte le même nom et, selon de sources militaires, les éléments de la secte islamiste Boko Haram s’y regroupent régulièrement. On se demande alors s’il ne s’agit pas d’une méprise de l’armée nigériane qui cherchait à tirer sur un regroupement des islamistes. Nous n’en savons pas plus pour le moment. L’enquête en cours devrait permettre d’en savoir plus.