Nigeria: l’ex-président Olusegun Obasanjo lâche Goodluck Jonathan

Olusegun Obanajso devant Goodluck Jonathan lors de la campagne présidentielle à Abuja en mars 2007.
© REUTERS/Sunday Aghaeze

C’est un coup de théâtre dans la vie politique nigériane. A six semaines de l'élection présidentielle, reportée au 28 mars prochain, l'ancien général et chef d'Etat, Olusegun Obasanjo, a claqué la porte au parti au pouvoir, le PDP. Olusegun Obasanjo avait été au pouvoir entre 1976 et 1979 et de 1999 à 2007. C’est un coup dur pour le président sortant Goodluck Jonathan.

Ce n'était plus qu'une question de jour. C'est désormais acté, Olusegun Obanajso ne fait plus partie du PDP, le parti démocratique populaire. C'est avec son légendaire sens du spectacle que l'ancien général de 77 ans a publiquement déchiré sa carte de membre du parti au pouvoir, dernier acte en date d'une rupture consommée avec le président sortant Goodluck Jonathan.

Pilier et mentor respecté du PDP, l'ex-président devenu faiseur de rois avait adoubé le candidat Jonathan en 2011 avant que leurs rapports ne finissent par tourner au vinaigre. En décembre dans ses mémoires, interdites en raison de propos jugés diffamatoires, Olusegun Obasanjo avait critiqué son successeur. Récemment, il a même accusé Goodluck Jonathan d'être prêt à frauder pour remporter la présidentielle du 28 mars prochain.

Tout en se gardant d'offrir son soutien au candidat de l'opposition, Olusegun Obasanjo a déclaré que Muhamadu Buhari, serait le plus à même de mettre un terme à l'insurrection islamiste dans l'extrême nord-est du pays.

A six semaines des élections générales, cette défection est un coup dur pour le parti au pouvoir qui apparaît très affaibli face à l'APC, le congrès progressiste. Le président sortant semble de plus en plus isolé sur la scène politique nigériane.