Lutte contre Boko Haram: l’urgence d’une résolution onusienne

Le président camerounais Paul Biya a reçu Laurent Fabius samedi 21 février.
© AFP PHOTO / CAMEROON PRESIDENTIAL PALACE

Dans la lutte contre Boko Haram, l'argent est le nerf de la guerre. C'est l'adage qui accompagne Laurent Fabius depuis le début de sa tournée dans les pays confrontés à la secte islamiste, samedi. Explications.

Avec notre envoyé spécial au Cameroun, Christophe Boisbouvier

Après le Tchadien Idriss Déby samedi matin, ce fut au tour du Camerounais Paul Biya de recevoir ce samedi soir le chef de la diplomatie française Laurent Fabius. Les deux chefs d’Etat ont la même urgence : faire passer très vite une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, peut-être dès la fin du mois de février, afin de lancer les opérations de la force anti-Boko Haram dès le 1er avril.

Pourquoi une résolution des Nations unies ? Pour financer cette force mixte multilatérale africaine de quelque 8 700 hommes. Et pour cela, les Africains demandent aux Français de plaider en leur faveur auprès du Conseil de sécurité de l’ONU. Car Laurent Fabius le reconnaît. La force africaine anti-Boko Haram va coûter cher. Il propose donc une conférence des donateurs :

Outre l'aide que la France apporte (...), nous voulons qu'il y ait une conférence des donateurs qui permette d'alléger la charge des pays concernés et singulièrement, pour le Cameroun.

Laurent Fabius
22-02-2015 - Par Christophe Boisbouvier

La lutte contre Boko Haram est donc au cœur de cette tournée du ministre français. Samedi midi à Ndjamena, Laurent Fabius s’est isolé pendant une vingtaine de minutes avec l’état-major français du dispositif Barkhane. Sachant que la secte Boko Haram n’est qu’à une centaine de kilomètres à vol d’oiseau de la capitale tchadienne, on peut penser que la sécurité de la base française de Ndjamena a été l’objet de ce huis clos.

La France va fournir plus de renseignements

Samedi, Laurent Fabius a été interpellé par les présidents du Tchad et du Cameroun qui souhaitent tous deux que la France soit plus généreuse en matière d'échanges de renseignements contre Boko Haram. Réponse du ministre français des Affaires étrangères :  

« Je ne vais pas entrer dans les détails, nous ne devons pas fournir trop de détails à l'ennemi, mais en particulier en matière de renseignements, il y a des éléments qui sont demandés par nos amis sur le terrain et qui sont indispensables. Nous avons commencé de les fournir et nous allons augmenter notre fourniture de renseignements. (...) Il y avait quelques améliorations à opérer d'après ce que m'ont dit les officiers et ma tournée ici va permettre d'effectuer ses améliorations qui sont nécessaires, parce que si vous voulez lutter efficacement contre Boko Haram, il faut pouvoir avoir le maximum d'information sur ce qui se passe sur le terrain. »

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