Laurent Fabius au Niger pour exposer sa stratégie contre Boko Haram

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius (g) et le président nigérien Mahamadou Issoufou lors de leur entretien, ce 22 février 2015, au palais présidentiel à Niamey.
© AFP PHOTO / BOUREIMA HAMA

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius est arrivé ce dimanche matin à Niamey. Après le Tchad et le Cameroun hier, la capitale nigérienne est la dernière étape de sa tournée éclair axée sur la lutte contre Boko Haram. Le Niger est une étape particulière en raison de la dernière attaque de la secte islamiste qui a coûté la vie, vendredi dernier, à sept soldats nigériens. 

Avec notre envoyé spécial à Niamey,  Christophe Boisbouvier

Pour le Niger, le soutien de la communauté internationale est d’une nécessité urgente : le soutien du Tchad qui a dépêché des troupes au sud-est du Niger ; le soutien de la France qui fournit des renseignements par satellite et par avion sur les mouvements de Boko Haram et qui a détaché une petite unité du dispositif Barkhane à Diffa, toujours au sud-est du Niger ; puis, plus globalement, le soutien des Occidentaux pour le financement de cette force africaine de quelque 8 700 hommes qui doit être projetée sur le terrain à partir du 1er avril.

Le scénario que le ministre des Affaires étrangères français développe depuis hier soir est le suivant : un, le vote en avril d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU qui donnerait toute la légitimité à cette force africaine anti-Boko Haram ; et deux, l’organisation d’une conférence des donateurs qui apporterait le soutien financier nécessaire à l’équipement et au déploiement de cette force.

Nul doute que ces questions ont été au cœur de l’audience que le président Issoufou a accordée ce dimanche après-midi au numéro trois du gouvernement français. « L’ONU peut apporter beaucoup », estime Mahamadou Issoufou, citant l’Amisom, la mission pour la Somalie, qui est composée de forces africaines mais soutenue financièrement et matériellement par l’ONU. « C’est un peu ce modèle-là que nous voulons adopter pour lutter contre Boko Haram dans la région du bassin du lac Tchad, explique le président nigérien. C’est pour cela qu’il est tout à fait normal que l’on demande aux Nations unies d’adopter une résolution ».

Et Mahamadou Issoufou ajoute : « Moi je suis de ceux qui pensent que le modèle des missions des Nations unies jusqu’ici utilisées au Congo, et même récemment au Mali, c’est un modèle qui est obsolète et ce que nous proposons fait partie de cette approche de rénovation du modèle des missions internationales face aux conflits. »

De son côté, Laurent Fabius a appelé le Nigeria à s'engager pleinement contre Boko Haram, lors de sa conférence de presse à Niamey.

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