Gabon: pour les grévistes, les autorités veulent «casser» le mouvement

Vue de Libreville, Gabon.
© Getty Images/Robert Ross

Depuis deux semaines, au Gabon, l'administration publique fait face à une grève des fonctionnaires, qui exigent de meilleurs salaires. Ce lundi, le mouvement entrera dans sa troisième semaine. Lors d'une assemblée générale hier, les syndicalistes ont demandé à leurs adhérents de durcir le mouvement. Et ils dénoncent des tracasseries judiciaires que subit le coordonnateur de la grève, Jean Rémy Yama. Ils accusent les autorités de vouloir casser le mouvement.

Il n'est pas en prison mais Jean Remy Yama est sous le choc. Vendredi, il a été entendu debout de 9 heures à 19 heures dans le bureau du procureur de la République. Celui-ci enquête sur un faux diplôme légalisé par M. Yama en sa qualité de secrétaire général de l'USTM, l'Université des sciences et techniques de Masuku.

Son propriétaire, un ancien soldat radié de la garde républicaine, affirme avoir versé 15 000 francs CFA à l'USTM pour légaliser le diplôme sans son original. M. Yama a démontré qu'à la date de la légalisation du fameux diplôme, il se trouvait à Libreville. Sa signature aurait donc été scannée.

Finalement c'est sa secrétaire qui a été expédiée en prison parce que gardienne du tampon apposé sur le faux diplôme. A Libreville, les responsables syndicaux sont montés au créneau pour dénoncer une intimidation visant à briser la grève des fonctionnaires pour laquelle, Jean Remy Yama est le coordonnateur.

« Cette femme est emprisonnée sans raison, parce qu’en réalité c’était Yama que l’on voulait emprisonner, s’emporte Pulchérie Mateya, porte-parole du mouvement des grévistes. Nous demandons tout simplement la relaxe de cette dame. Nous pensons que c’est une manière tordue de casser notre mouvement. » Le procureur de Franceville n'était joignable pour répondre aux questions de RFI.