[Reportage] Niger: Issoufou promet la victoire contre Boko Haram

Le président Mahamadou Issoufou agite le drapeau nigérien lors d'une manifestation contre les raids de Boko Haram, le 17 février 2015 à Niamey.
© AFP PHOTO / BOUREIMA HAMA

C'était la première visite du chef de l'Etat nigérien à Diffa, dans l'est du pays, depuis les récentes attaques lancées par Boko Haram sur le territoire. Et Mahamadou Issoufou a promis la victoire à ses hommes dans leur combat contre la secte islamiste. Dans la ville, la vie reprend peu à peu son cours.

Pour la première fois depuis l’attaque de Diffa par Boko Haram, le président Issoufou s’est rendu sur le front. Samedi, devant les soldats, il a promis que les Nigériens « gagneront cette guerre car c’est l’objectif que s’est fixé le gouvernement qui, pour se faire, est instruit pour mobiliser toutes les ressources humaines, matérielles et financières. »

« Ainsi le gouvernement poursuivra l’effort d’accroissement des effectifs, de formation, d’entraînement et d’équipement de toutes les forces de défense et de sécurité, a affirmé le chef de l'Etat. Nous gagnerons cette guerre car nous ne sommes pas seuls, nous avons des alliés, les alliés de la force mixte multinationale, notamment nos frères tchadiens. Je salue leur combativité, leur courage et leur engagement dans la lutte contre le terrorisme. »

Plus de dix jours après l’instauration de l’état d’urgence, le calme semble désormais revenir à Diffa. Dans la capitale du Manga, la vie renaît. Tous les réseaux de soutien à Boko Haram ont été démantelés. L'occasion pour les cadres de l'armée de faire un point sur la situation militaire : « Dans un premier temps, nous avons procédé effectivement au démantèlement de tous les réseaux de soutien du groupe terroriste Boko Haram. Ces opérations se poursuivent. L’objectif pour nous est de ramener la paix et la quiétude dans la zone de Diffa », a indiqué le colonel Moussa Barmou Batouré, commandant des zones militaires.

« Le peuple vous soutient »

L'officier est par ailleurs revenu sur l'attaque de l'île de Karamga (lac Tchad), où 23 personnes (15 islamistes et 7 soldats) ont été tuées vendredi soir : « Ils sont venus en pirogue et ils ont donc accosté sur une île qui est en face de celle que nous tenons. A partir de là-bas, ils se sont infiltrés jusqu’au village de Karamga. Et c’est à partir de Karamga qu’ils ont commencé à tirer sur nos positions. Nos hommes se sont défendus. Le combat a été rude mais nous avons fini par avoir le dessus. »

Sur le terrain, aux côtés des soldats tchadiens et américains, un détachement des forces spéciales françaises est aussi engagé dans la lutte contre la secte islamiste. Son chef, le commandant Dampierre a détaillé à RFI la tâche de ses hommes : « Nous sommes là pour faire la liaison et nous assurer que tout ce que nous pourrons avoir comme renseignements, nous pouvons leur donner. Et eux-mêmes nous donnent la situation ici contre Boko Haram. »

Mais pour le chef de l'Etat, au-delà des discours à la presse et des points sur la situation, il s'agissait d'abord de renforcer moral des troupes, en soulignant que le peuple nigérien comptait sur son armée : « Le peuple vous soutient. Notre peuple rejette Boko Haram et son programme médiéval. C’est le lieu de féliciter les populations de Diffa pour leur courage et leur collaboration avec les forces de défense et de sécurité. Je leur demande de garder leur calme. J’ai une pensée pour les populations d’Abadam et pour toutes les victimes collatérales de cette agression de Boko Haram. Nous gagnerons cette guerre. » Et de conclure, martial : « Boko Haram n’a pas d’avenir. »