Lutte contre Boko Haram: pourquoi faut-il une résolution de l'ONU?

Laurent Fabius, en tournée dans la région, n'a cessé d'appeler l'ONU à soutenir l'Union africaine dans sa lutte contre Boko Haram.
© REUTERS/Benoit Tessier

Il faut que les Nations unies soutiennent la force de l'Union africaine contre Boko Haram, n'a cessé de dire Laurent Fabius ce weekend, pendant sa tournée africaine de 48 heures au Tchad, au Cameroun et au Niger. Mais pourquoi le ministre français tient-il tant à cette validation par le Conseil de sécurité ?

Pour la France, une résolution de l'ONU aurait deux avantages. D'abord, ce serait une façon de dire au Tchad, au Cameroun, au Niger et au Bénin, les pays qui vont constituer la force anti-Boko Haram : nous vous soutenons, mais en même temps nous vous observons. Et nous allons être très attentifs à vos règles d'engagement afin que les populations civiles ne soient pas victimes de bavures. Ensuite, ce serait le moyen de convaincre le Nigeria de laisser cette force pénétrer sur son territoire au nom du droit de suite.

Crédibilité

Vu de Paris, une résolution du Conseil de sécurité donnerait donc à cette force plus de crédibilité et plus d'efficacité. Et surtout, elle lui donnerait la légitimité nécessaire pour convaincre ensuite les pays riches de participer à son financement.

Dans le scénario Fabius, le Conseil de sécurité voterait donc une résolution fin mars, début avril. Puis une conférence des donateurs assurerait l'équipement et le déploiement des troupes sur le terrain. Il y a un précédent, indique le président nigérien Mahamadou Issoufou, c'est l'Amisom, cette force africaine déployée en Somalie avec l'argent des Américains et des Européens. Pour venir à bout de Boko Haram, il faut donc une mobilisation générale.

►Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères, est l'invité de RFI ce lundi 23 février (lire).

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