Algérie: colère contre les explorations du gaz de schiste

Forage d'exploration du gaz de schiste.
© Eddie Seal/Bloomberg via Getty Images

Un important dispositif policier a été déployé tôt, ce mardi matin, dans le centre de la capitale pour interdire une manifestation contre l’exploitation du gaz de schiste. Ce rassemblement était organisé par plusieurs formations de l'opposition, en signe de solidarité avec les populations des provinces sahariennes, où des forages expérimentaux sont réalisés par la compagnie publique Sonatrach et des partenaires étrangers.

Cela fait deux mois que des manifestations anti-gaz de schiste se tiennent à In Salah dans le centre de l’Algérie. In Salah, c’est la ville la plus proche des lieux de forage pour l’exploration du gaz de schiste et les manifestants exigent l'arrêt de ces explorations. Depuis la chute des cours du pétrole, le gouvernement algérien a voulu se tourner vers le gaz de schiste et compte investir massivement dans ce segment d’hydrocarbures non conventionnels, afin de compenser la baisse de ses revenus pétroliers. Mais les Algériens qui vivent près des gisements s’inquiètent des conséquences des forages sur l’environnement.

En solidarité avec le mouvement citoyen anti-gaz de schiste né à In Salah, les manifestants à Alger demandent l’arrêt immédiat des tests opérés par la Sonatrach sur les puits pilotes du bassin gazier de la wilaya de Tamanrasset. Leur principal argument, c’est que la fracturation hydraulique, la technique utilisée pour extraire le gaz de schiste de la roche où il est confiné, porte durement atteinte à l’écosystème. Elle pollue notamment les nappes phréatiques, selon les anti-gaz de schiste.

Un argument qui ne convainc pas certains experts en énergie. Ils disent que la fracturation hydraulique existe depuis les années 1990 en Algérie pour le gaz conventionnel, mais ils recommandent de s’assurer des bonnes conditions de sécurité environnementales avant d’envisager l’exploitation du gaz de schiste, dont le pays détiendrait les 4e réserves mondiales après les Etats-Unis, la Chine et l’Argentine.