Enlèvements de Français à Madagascar: le ras-le-bol de l'ambassade

Il y a une semaine, un adolescent français a été enlevé devant son collège à Tuléar, dans le sud-ouest de Madagascar.
© Anne97432/Wikimedia

Avec la coopération des autorités malgaches, l'ambassade de France à Madagascar veut mettre un terme aux enlèvements de ses ressortissants dans le pays et affirme avoir l'intention de prendre des mesures. La communauté française est plus touchée que les autres, chaque année entre 20 et 30 Français sont enlevés. Un chiffre en constante augmentation. Dernier cas en date, il y a une semaine tout juste, un adolescent enlevé devant son collège à Tuléar. Il appartenait à la communauté karana (communauté musulmane formée par des descendants d'immigrés indo-pakistanais ) généralement visée par ces rapts. Il a été libéré vendredi dernier contre une rançon de 35 millions d'ariary (près de 11 000 euros). Neuf personnes ont été arrêtées. Mais pour la France « trop de lignes rouges ont été franchies ».

S'attaquer à un mineur, c'est aller trop loin, selon l'ambassadeur de France. Pour mettre un terme aux enlèvements, François Goldblatt propose le soutien des forces françaises aux autorités malgaches. Mais pas seulement. Devant la presse, il a exhibé une liasse de documents qu'il va communiquer à la justice.

« Cette distribution commencera aujourd’hui [hier, lundi, NDLR] auprès des autorités, a-t-il annoncé. Nous avons un certain nombre d’indices, de noms, de fonctions, de photographies, de numéros de téléphone patiemment réunis ces dernières années par l’ambassade de France à l’issue de chaque enlèvement. »

Ces documents concernent un nombre à deux chiffres d'hommes et de femmes, a-t-il précisé. Par ailleurs, il affirme que la justice française sera systématiquement saisie en cas de nouvel enlèvement. La peine prévue par le code pénal français, qui s'applique en l'occurrence, est comprise entre 20 ans de réclusion criminelle et la perpétuité.

Un système d'appel à témoin envisagé

Enfin, un dispositif d'appel à témoin avec diffusion de photos de la victime est envisagé : « Un dispositif auquel nous trouverons une appellation, peut-être "stop enlèvement", qui s’inspirera du dispositif "alerte enlèvement" qui est en vigueur en France depuis quelques années. »

Malgré ces mesures, l'ambassadeur estime qu'aucune mise en garde supplémentaire n'a besoin d'être donnée aux voyageurs français autres que celles déjà émises par le site du ministère des Affaires étrangères.

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