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Mali

Mali: les propos de l'amenokal indignent, sur fond d'accord de paix

Un drapeau du Mouvement national de libération de l'Azawad, dans les rues de Kidal, en 2013.
© AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARD

La médiation algérienne aux pourparlers de paix au Mali a présenté un nouveau projet d'accord aux parties, jeudi 26 février. La délégation gouvernementale a donné son aval pour le parapher. Du côté des groupes armés du nord du pays, il y a encore des réserves, alors qu'à Kidal, la société civile et les chefs s'indignent des dernières déclarations du nouvel amenokal des Ifoghas en faveur d'un Mali uni.

Dés la mi-journée, jeudi, les autorités maliennes jugeaient le nouveau projet d'accord « équilibré », après avoir échangé avec le médiateur algérien. Le ministre malien des Affaires étrangères Abdulaye Diop, qui conduit la délégation de Bamako, s'est réjoui que le document consacre l'intégrité territoriale du Mali, le caractère laïc et républicain. Le ministre a souhaité qu'un compromis se fasse rapidement autour de ce texte. 

Message entendu par la plateforme des mouvements, proche de Bamako, qui a affirmé qu'elle était prête à parapher le document dès dimanche. Mais du côté de la coordination des mouvements de l'Azawad, on ne cache pas un certain embarras : ce texte a beau être le résultat d'un compromis recherché depuis des mois à Alger, il laisse un goût d'inachevé aux représentants du MNLA, du HCUA et du MAA. Le texte ne retient à aucun moment l'idée d'une autonomie ou d'une fédération, pas même une entité commune aux trois régions de Tombouctou, Gao et Kidal.  

A Kidal, la déclaration de l'amenokal ne passe pas

Kidal où, précisément, souffle un vent de colère depuis que l'amenokal des Ifoghas, Mohamed ag Intalla, s'est ouvertement prononcé en faveur d'un Mali uni, sur les ondes de RFI jeudi, écartant toute idée de fédéralisme ou d'autonomie. La société civile et les chefs tribaux ont immédiatement manifesté leur désaccord. Les doyens n'ont pas manqué d'aller dire à l'amenokal ce qu'ils pensaient. 

Moussa ag Sidalamine, le fils d'un chef de tribu, reproche à Mohamed ag Intalla de ne pas incarner les aspirations du peuple de l'Azawad : « Nous, nous voulons l'autonomie. Nous pensons que sans autonomie, la paix ne peut pas régner dans ce qu'on appelle l'Azawad. » 

Mohamed ag Intalla n'est pas simplement le chef traditionnel des Ifoghas, il est aussi depuis longtemps un député malien élu sous les couleurs du parti présidentiel. Il n'a pas suivi la voie tracée par son propre père, Intalla ag Attaher, récemment décédé, et qui soutenait le combat pour un Azawad indépendant. 

Selon un membre de la coordination présent à Alger, il faudrait justement pouvoir présenter et expliquer ce texte aux responsables politiques et militaires de Kidal avant de s'engager à le parapher. Un scénario qui semble exclu. Alger a pour sa part déjà programmé dimanche une cérémonie de clôture. La signature de l'accord pourrait avoir lieu à Bamako d'ici la fin du mois de mars.

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