Zimbabwe: les fermiers blancs inquiets suite à l’annonce de Mugabe

Robert Mugabe during his birthday party, February 2015
© REUTERS/P. Bulawayo

Au Zimbabwe, les fermiers blancs s’inquiètent des dernières déclarations du chef de l’Etat. Ce week-end, le président Robert Mugabe a menacé de s’en prendre aux réserves animalières tenues par les Blancs.

Quinze ans après le lancement de sa réforme agraire visant les grosses fermes, ce sont désormais les propriétaires de safaris qui sont dans la ligne de mire. La chasse dans les réserves naturelles rapporte pas loin d’une centaine de millions d’euros par an et fait vivre quelques 800 000 familles.

Pour les derniers fermiers blancs du pays, les déclarations de Robert Mugabe sont inquiétantes. En décembre dernier, le vice président Emmerson Mnangagwa, nouvellement élu, avait déjà mis en garde en déclarant que la réforme agraire allait s’intensifier.

L’association des fermiers commerciaux qui regroupe principalement des fermiers blancs le confirme. Ces dernières semaines, il y a eu en effet une recrudescence des attaques de fermes. Selon Hendrik Oliver, président de l’association, plus d’une vingtaine de fermes ont été ciblées, ces trois dernières semaines.

« Ce week-end, nous avons encore vu une ferme qui s’est fait attaquer et dont les propriétaires ont été expulsés. C’est très inquiétant ; il n’y a aucune stabilité dans le secteur agricole. Vous avez une peur constante car un jour vous êtes propriétaire de votre ferme et le lendemain c’est fini », a déclaré le président de l’association des fermiers commerciaux, joint par RFI.

Il y a quinze ans, au début de la réforme agraire, le pays comptait 4 000 fermiers blancs. Aujourd’hui, il n’en reste plus que 400 environ et l’association des fermiers craint désormais que le gouvernement n’ait l’intention de mettre tous les fermiers blancs dehors.

« Les fermiers sont inquiets ; leur moral est très bas ; ils craignent qu’il ne s’agisse d’une nouvelle vague d’invasions des terres. En tout cas cela devient très clair, le gouvernement est opposé à toute présence de fermiers blancs et ils veulent nous chasser pour faire de la place aux fermiers noirs. Une fois de plus, cela devient un conflit entre Noirs et Blancs », a conclu Henrik Oliver.
 

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