RDC: bilan controversé après une semaine d’offensive contre les FDLR

Un militaire congolais des FARDC.
© REUTERS/Kenny Katombe

En RDC, voilà une semaine que l’armée congolaise a lancé son offensive contre les rebelles hutus rwandais des FDLR dans l’est de la RDC. Les opérations se déroulent sur trois fronts, dans trois provinces : le Sud-Kivu depuis mardi dernier, le Nord-Kivu depuis jeudi ainsi qu’une partie du Katanga. D’après les autorités, un certain nombre de positions ont été reprises aux FDLR et 49 miliciens ont été capturés, mais, sur le terrain, ce bilan semble plus nuancé.

Qui sont ces 49 personnes capturées ? Selon les autorités, il s’agit de combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda et parmi eux, il y aurait au moins deux majors de la rébellion (voir encadré). Mais ces prisonniers ont-ils tous été arrêtés pendant l’offensive et sont-ils tous des FDLR ? Difficile de le dire avec certitude.

Au Sud-Kivu, par exemple, sur les trois combattants arrêtés, deux l’ont été avant le début de l’opération militaire. Et selon plusieurs sources, neuf autres personnes interpellées seraient de simples civils rwandais.

Sur le terrain, des positions FDLR ont été reprises. La dernière en date, samedi, à Karhala, un camp au Sud-Kivu. Mais au final, une prise symbolique, car à chaque fois, ces bastions sont désertés. Plusieurs sources affirment que le commandement avait quitté les lieux bien avant. Les rebelles hutus rwandais se seraient, en effet, retirés dans l’épaisse forêt en direction de Lubumba revenant aux positions qu’ils occupaient avant 2012. Résultat, à en croire un expert, « le plus dur reste à faire », c’est-à-dire combattre les FDLR sur le terrain qu’ils connaissent le mieux : la forêt.

Dès lors, l’armée congolaise ira-t-elle jusqu’au bout de cette traque ? Sur place, des renforts sont arrivés. A Lemera, le QG de l'opération de l’armée congolaise dans le Sud-Kivu, 500 militaires FARDC environ seraient sur place. Mais selon plusieurs sources, si l’offensive devait durer, l’armée congolaise pourrait faire face à d’importants défis logistiques alors qu’elle se retrouve seule sans le soutien - notamment en essence et en rations alimentaires - de la Mission de l’ONU au Congo, la Monusco.


■ Deux officiers FDLR parmi les prisonniers

Deux officiers supérieurs FDLR sont donc entre les mains des autorités congolaises à Goma. Considérés comme prisonniers de guerre, ils devraient être remis à la Croix-Rouge internationale, a expliqué le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende. Clément Habimana, commandant de compagnie, et Séraphin Zitonda, chargé de relations avec les ONG et la communauté internationale, sont, jusqu’ici, les grosses prises de l’opération « Sukola 2 ».

En les présentant à la presse, dimanche à Goma, les chefs militaires congolais ont voulu prouver l’effectivité et sans doute aussi l’efficacité des actions menées sur le terrain par les FARDC sans l’appui de la Monusco. Clément Habimana a été fait prisonnier le 26 février. Quant à Séraphin Zitonda, environ 41 ans, marié à une Congolaise, c’est en répondant à un rendez-vous fixé par des officiers de l’armée congolaise qu’il aurait été arrêté à Mweso, dans le Masisi.