Procès des pro-Gbagbo: de nombreuses charges abandonnées

24 mois de prison ont été requis contre Pascal Affi N'Guessan (2e à droite), dont l'avocat estime que les dossiers sont vides.
© AFP PHOTO/SIA KAMBOU

En Côte d’Ivoire, le procès en assises de près de 80 proches ou sympathisants de l'ancien régime touche à sa fin. Mardi 3 mars, le parquet général a présenté ses réquisitions. Des réquisitions bien plus légères que ce laissait supposer l'acte d'accusation, preuve que le dossier est vide, selon les avocats de la défense qui plaident ce mercredi.

Parmi les leaders politiques proches de Laurent Gbagbo, c'est son épouse et son fils qui pourraient être condamnés aux plus lourdes peines. Le parquet a en effet requis 10 et 5 ans de prison contre Simone et Michel Gbagbo pour notamment constitution de bandes armées. Leurs avocats dénoncent un délit de patronyme, et affirment que c'est la preuve que le pouvoir a peur du retour de Simone Gbagbo en politique.

Pour tous les autres cadres, comme Pascal Affi N'Guessan, le président du FPI, seule l'accusation de troubles à l'ordre public est maintenue avec quelques mois de prison souvent déjà purgés en préventive. Pour Maître Dadje, l'un des avocats de la défense, c'est bien la preuve que les dossiers sont vides. « On a fait trois d’instruction où on a dépeint nos clients comme étant de dangereux criminels pour que finalement, à l’issue des assises, le parquet général ne se borne à les poursuivre que pour troubles à l’ordre public. On aurait pu simplement les envoyer devant un tribunal des flagrants délits ou le tribunal correctionnel, estime l’avocat. Tout ça pour ça. »

Le parquet général s'est basé principalement sur des témoignages pour prononcer ce réquisitoire, mais Maître Dadje craint une manipulation face à des témoins qui sont arrivés bien tardivement au cours de l'instruction. « Les témoins d’assises étaient crédibles. Ils étaient en Côte d’Ivoire, ils auraient dû être entendus pendant l’instruction, confrontés aux gens qu’ils accusent pour permettre la manifestation de la vérité. C’est vrai que le texte permet qu’on puisse produire des témoins pendant les assises, mais pour un pays qui se veut démocratique et qui se veut respectueux d’une justice indépendante, ça ne fait pas sérieux », déplore Maître Dadje.

Les avocats de la défense ont la journée pour plaider, avant le dernier mot des accusés, puis les délibérations.

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