Procès des pro-Gbagbo: la défense prête à contre-attaquer

Simone Gbagbo et l'ancien Premier ministre Gilbert Ake N'Gbo, lors d'une audience le 26 décembre dernier.
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Les peines ont été moins lourdes que prévu, l’accusation d’attentat contre l’autorité de l’Etat a été abandonnée pour la plupart des prévenus lors des réquisitoires dans le procès de Simone Gbagbo et de ses 78 co-accusés présents au tribunal. Tous sont jugés pour les violences qui ont suivi la présidentielle de fin 2010. La défense a la parole ce mercredi et les avocats comptent bien insister sur ces peines devenues plus légères.

Mardi, après les réquisitions du parquet général qui ont duré quatre heures, les avocats de la défense ont annoncé qu’ils allaient prendre leur temps, ce mercredi. Ils devraient d’abord revenir sur les témoignages sur lesquels le parquet s’est presque entièrement basé pour établir ses réquisitions. Ils regrettent que ces éléments aient été apportés au dernier moment, le jour des audiences. Si cela reste légal, ils ont des doutes sur la crédibilité de témoins jamais interrogés au cours de l’instruction alors que l’enquête a été ouverte pendant deux ans.

Ils vont aussi invoquer la politique, souligner les disparités entre les peines requises par le parquet pour les mêmes faits - un parquet qui n’a jamais nié se fonder sur des éléments moraux pour se faire un avis - ainsi que sur la volonté des accusés d’aller à la réconciliation. Les avocats de la défense devraient notamment passer du temps sur les cas de Simone et Michel Gbagbo, le fils et l’épouse de l’ancien président.

Ce sont en effet les cadres politiques contre lesquels les peines les plus lourdes ont été requises, avec dix et cinq ans de prison, assortis d’une privation des droits civiques et d’une interdiction de sortie du territoire en ce qui concerne Michel Gbagbo. Pour leurs avocats, c’est leur patronyme qui est à l’origine de ces accusations, mais aussi la peur du pouvoir de voir revenir Simone Gbagbo dans l’arène politique.