Côte d'Ivoire: la défense de Michel Gbagbo pointe l'absence de preuves

Le procès de Simone Gbagbo et de ses co-accusés se poursuit, à Abidjan, en Côte d'Ivoire.
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En Côte d’Ivoire, les plaidoiries dans le procès de Simone Gbagbo et de ses 78 co-accusés se sont poursuivies, ce jeudi 5 mars, à Abidjan. Les avocats ont plaidé pour un peu moins de 60 accusés jusqu'à présent, et le temps fort de la journée de ce jeudi a été la plaidoirie pour Michel Gbagbo.

C'est à la barre, face à la cour, que le fils de Laurent Gbagbo a écouté la plaidoirie de son avocat. La défense n'utilise que rarement cette stratégie, les accusés restant généralement assis. Mais pour Michel Gbagbo, le rapprocher de ses juges a permis à Maître Dadjé de jouer sur les sentiments, car pour lui, le véritable crime reproché à son client « semble être celui d'être le fils de son père ».

Quand l'accusation dépeint un Michel Gbagbo, chef de bandes armées au volant d'un 4x4 sillonnant les bureaux de vote de Yopougon pour voler des urnes, le soir du second tour de la présidentielle de 2010, son avocat s'attache à montrer que les témoignages se contredisent et que, sans preuves matérielles, le doute doit bénéficier à son client.

Il rappelle aussi que la mauvaise vue de Michel Gbagbo l'empêche de conduire une voiture et qu'il s'est toujours fait discret, loin de la politique.

Maitre Dadje est aussi revenu sur les mauvais traitements subis par son client lors de sa détention à Bouna, ses geôliers filmant et postant sur Internet des humiliations qu'ils faisaient subir aux prisonniers.

Pour ces sévices, Michel Gbagbo, franco-ivoirien, a porté plainte en France, mais le parquet a requis une interdiction de sortie du territoire contre lui. Son avocat a alors insisté disant qu'il était le seul à être visé par une telle mesure, la preuve selon lui que cette peine est avant tout « politique ».