RDC: le nouveau découpage régional sur les rails

La province du Katanga, dans le sud de la RDC, doit être redécoupée en quatre territoires, ce qui pourrait, selon les détracteurs du projet, pénaliser les zones moins riches en minerais.
© RFI

C’est désormais acté. De onze provinces, la République démocratique du Congo (RDC) va passer à 26. Le président Joseph Kabila a promulgué, en début de semaine, la loi qui entérine ce redécoupage territorial. Cette réorganisation est prévue depuis 2006 par la nouvelle Constitution, mais a du mal à être mise en œuvre. Les provinces du Bandundu, de l’Equateur, les deux Kasaï, du Katanga et la Province orientale vont être redéfinies.

L’idée de départ est simple : faire en sorte que les provinces soient plus faciles à gouverner. Car au Congo certaines, comme l’Equateur ou le Katanga, sont si grandes - plus grandes qu’un pays comme l’Espagne - qu’elles sont difficiles à administrer. Le principe fait consensus dans la Constitution de 2006, mais son application est plus compliquée.

Aujourd’hui, neuf ans plus tard, le redécoupage en 26 provinces suscite inquiétudes et blocages. D’abord du fait de sa proximité avec les élections. Certains s’interrogent : la RDC sera-t-elle réellement capable de tout faire en même temps ? A savoir redélimiter ses provinces en quatre mois, mais aussi organiser des élections locales et municipales pour la première fois, suivies ensuite de provinciales, de sénatoriales, de législatives et enfin d'une présidentielle. Le tout en moins de deux ans. Du côté de la majorité, on assure que tout peut être fait dans les temps.

L’autre préoccupation vient des grandes provinces comme le Katanga, qui doit être redécoupé en quatre territoires. Les détracteurs du projet avancent que cette réorganisation va pénaliser certaines parties du territoire moins riches en mineraiset que le redécoupage n’a pas de sens s'iln’est pas accompagné d’une véritable décentralisation des pouvoirs. Car l’inquiétude est aussi politique, les gouverneurs de ces provinces géantes vont voir leur pouvoir morcelé et forcément diminué. Une perspective peu réjouissante alors que les élections approchent.

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