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Mali

Mali: trois morts dans une attaque contre la Minusma à Kidal

Des casques bleus en patrouille à Kidal, en juillet 2013.
© AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARD

Ce dimanche 8 mars 2015, « le camp de la Minusma à Kidal a essuyé plus d'une trentaine de tirs de roquettes et d'obus », a annoncé la force onusienne au Mali dans un communiqué, ajoutant qu'elle avait dû riposter. Trois personnes ont perdu la vie : un soldat de la Minusma et deux enfants. On dénombre également une douzaine de blessés, dont huit Casques bleus. La veille, à Gao, d'autres violences ont aussi eu lieu.

Tout a commencé ce dimanche au saut du lit. Des tirs d’obus, mais également de mortiers, ont commencé à « pleuvoir » à Kidal dans le secteur où se trouve le camp 2 de la mission de l’ONU, la Minusma. Accalmie dans un premier temps, puis nouvelle attaque.

Les casques bleus de l’ONU, qui sont des alliés des militaires français de l’opération Barkhane sur le terrain, ont alors riposté. Les casques bleus tchadiens ont même fait mouvement vers l’ennemi, à environ 3 km de leur base. Un soldat tchadien a été tué et quelques autres blessés. Dans ces échanges, des tirs de roquettes ont atterri sur des positions civiles situées à environ trois kilomètres de la base de l’ONU, à Kidal. Deux civils ont succombé à leurs blessures après avoir été touchés ; il s'agit de deux enfants.

Une question pour le moment demeure sans réponse claire : les tirs qui ont tué les civils venaient-ils du camp des islamistes, des forces de l'ONU, ou d'ailleurs ? En somme, s’agit-il d’une bavure ? Certaines sources disent que non, mais d’autres disent que oui. Après ces événements, une chose est sûre, les jihadistes font tout pour pousser au départ des casques bleus de Kidal. Objectif : prendre le contrôle de cette position stratégique.

Sur place, les habitants déplorent d'ailleurs une insécurité grandissante, alors que le trafic d'armes et de combattants est hors de contrôle dans la zone, selon cet habitant de Kidal qui préfère garder l'anonymat mais témoigne sur RFI : « La manière dont les armes circulent à travers tout le Sahel de la Libye, c'est très facile de se procurer des engins de la force, explique-t-il. N'importe qui peut avoir ces armes. Il y a beaucoup de marchés hors de Kidal (...) Il y a des gens qui quittent la Libye, ou même l'Algérie, le Niger. C'est un peu partout dans le monde. Ils viennent avec ces engins et peuvent aussi les cacher n'importe où ; il y a des montagnes, des dunes de sable, tout ! »

Selon ce témoin, « on ne peut pas dire non plus que ce sont des gens de Kidal qui font ça ici. Parce qu'il y a beaucoup de narcotrafiquants de différentes nationalités à travers le monde, on ne peut pas savoir... »


• A Gao, deux présumés poseurs de bombes lynchés à mort

La veille des évènements de Kidal, samedi, des violences ont également eu lieu à Gao. Dans cette autre ville du nord du Mali, la foule en colère a lynché à mort et brûlé deux hommes, présumés poseurs de bombe, après qu'une explosion a été entendue côté ouest de la ville, vers le siège de la police fluviale. A cet endroit, on a découvert deux bombes, plutôt de fabrication artisanale, un cocktail toujours redoutable.

Ces deux hommes sont accusés d’avoir posé ces bombes, mais un membre de la famille a contacté RFI pour assurer qu'ils ne seraient pas les coupables, qu'ils étaient simplement là au mauvais moment, « ce qui a fait d’eux des suspects en puissance », selon ce membre de la famille. Une association des Arabes de Tombouctou condamne ce qu'elle appelle « un meurtre gratuit ».

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