Vers une nouvelle grève générale au Burundi?

Vue de Bujumbura, capitale du Burundi.
© Wikimedia

Au Burundi, le Collectif contre la vie chère menace de lancer un nouvel appel à la mobilisation après l'arrêt de travail national du jeudi 5 mars. Une journée que l'organisation avait qualifiée de succès alors que le gouvernement avait minimisé son importance. Dans tous les cas, les revendications du collectif n'ont pas été satisfaites. Il exige toujours la suppression de la taxe sur les appels téléphoniques et la diminution du prix de l'essence. Et après une réunion d'évaluation ce week-end, le mouvement a décidé de maintenir la pression.

Les quelque 1 500 organisations de la société civile et des syndicats, regroupés au sein de la Campagne contre la vie chère, sont unanimes : le gouvernement burundais a refusé de les écouter malgré le succès de leur mobilisation jeudi pour la grève générale. « Mais cela ne nous décourage pas », assure Gabriel Rufyiri, l'une des grandes figures de la société civile du Burundi parmi les principaux leaders de ce mouvement.

Le Collectif a donc décidé au cours de cette réunion d'évaluation, de « durcir le ton ». D'ici mercredi, ils vont écrire de nouveau au président burundais Pierre Nkurunziza pour exiger une nouvelle fois la suppression de la taxe de 42 francs burundais sur les appels téléphoniques et la diminution du prix de l'essence.

Et pour faire bonne mesure, ils ont décidé d'y ajouter deux nouvelles revendications : l'annulation d'un contrat de concession sur l'ancien marché de Bujumbura, entaché selon eux de fraudes, et l'arrêt des mesures injustes qui frappent le syndicat de la magistrature, qui se bat pour son indépendance.

Si ce mouvement n'a pas de réponse dans les huit jours qui suivent, il passera à des actions plus musclées, une grève générale, plus longue cette fois, couplée à un appel à des manifestations publiques, que craignent le pouvoir à moins de quatre mois de la présidentielle. Le Collectif contre la vie chère est décidé à faire entendre sa voix. « Nous allons les contraindre à nous écouter », jure Gabriel Rufyiri.

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