Cadavres du lac Rweru: l’UA envoie enfin une mission au Burundi

Nkosazana Dlamini-Zuma, présidente de la Commission de l'Union africaine, au sommet de l’UA. Addis-Abeba, le 15 juillet 2012.
© Reuters/Tiksa Negeri

C’est une information RFI : la présidente de la Commission de l'Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma, a répondu le 23 février dernier au président burundais, Pierre Nkurunziza, qui lui avait écrit quatre mois plus tôt, presque jour pour jour (le 22 octobre 2014), pour demander une aide dans l’enquête en cours sur le mystère des corps retrouvés flottants sur le lac Rweru. Ce lac est situé entre le Burundi et le Rwanda, et les deux pays se rejetaient la responsabilité. L'UA a finalement dit oui à la demande du Burundi, selon nos sources au sein de l'organisation, mais il reste beaucoup de détails à fixer.

Bujumbura commençait à montrer des signes d'impatience mais tout cela est oublié. L'ambassadeur du Burundi auprès de l'organisation africaine, Alain Nyamitwe, de passage à Bujumbura ce lundi 9 mars au soir, a confirmé l'information.

« Il y avait motif d'inquiétude », a commenté le diplomate burundais. Mais aujourd'hui, l'heure est à la satisfaction : « On n'a pas reçu de calendrier, mais on a une promesse ferme, écrite que la mission sera là bientôt », s'est réjoui l'ambassadeur Nyamitwe. Et d'ajouter : « Nous espérons que ça sera dans des délais raisonnables. »

En réalité, l'Union africaine a longtemps hésité sur la démarche à suivre car deux pays sont concernés. Le Burundi, qui a toujours assuré que les cadavres venaient du Rwanda, et le Rwanda, qui considère que c'est une affaire qui ne le concerne pas car les cadavres ont été retrouvés chez les voisins burundais.

L'Union africaine a songé à envoyer une mission dans les deux pays pour tenter de convaincre de la nécessité de coordonner les deux volets de l'enquête, toujours selon nos sources. Trop compliqué, elle y a renoncé et s'est donc focalisée sur le Burundi, qui a demandé son expertise. Les Etats-Unis, la Suisse et les Pays-Bas se sont engagés à financer le projet, qui verra notamment l'intervention de la plate-forme Justice Rapid Response, basée en Suisse.