RDC: Greenpeace dénonce le «chaos organisé» dans le secteur du bois

Greenpeace dénonce la déforestation incontrôlée en RDC
© Greenpeace/DR

Selon l’organisation de défense de la nature Greenpeace, le secteur du bois en RDC, qui est toujours en train de se reconstruire après des décennies de guerre, est particulièrement peu réglementé. Selon l’ONG Transparency International, en 2014, la RDC se classait 152e sur 175, parmi les plus mauvais élèves dans le secteur.

Le bois illégal est légion dans ce pays qui manque cruellement de réglementation, et où 90% du bois produit l’est en dehors de tout cadre légal. En 2002, la République démocratique du Congo a réformé son code forestier. À l’intérieur, un certain nombre de règles de bonne conduite, mais le texte est incomplet. Tout un tas de mesures d’application en sont toujours absentes. L’Etat congolais manque de capacité, mais aussi de volonté politique pour réglementer le secteur du bois.

Résultat : les infractions, même de la soixantaine d’entreprises forestières qui ont pignon sur rue, ne sont que rarement détectées. Et si elles le sont, les sanctions ne sont pas assez dissuasives. Des faiblesses dont profitent certaines compagnies, selon les experts.

Plus de 90% de l’économie du bois est informelle

Mais surtout, à l’heure actuelle, plus de 90% de l’économie du bois est informelle. Elle se fait sans réglementation, ni aucune perception de taxe - si ce n’est sous forme de corruption -. Aujourd’hui, les concessions industrielles ne représentent par exemple que 10% de l’exploitation forestière du pays, soit 300 000 m3 de bois par an.

Or entre 3 et 4 millions de m3 de grumes, soit 10 fois plus sont produits et vendus au Congo, sans aucune réglementation. Enfin, environ 1 million de m3 de bois part chaque année de l’est du Congo vers les pays voisins de façon totalement clandestine. Un business qui continue de profiter à des groupes armés et certains notables, au détriment de l'Etat, mais aussi de la forêt. Selon le Think Tank Africa Progress Panel, 17 milliards de dollars échapperaient, chaque année, aux économies de la région à cause du trafic de bois.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.