Côte d’Ivoire: le meurtre du général Gueï bientôt devant la justice

Au QG de l'UDPC pour le 10ème anniversaire de la mort du général Gueï. Abidjan, le 19 septembre 2012.
© Photo AFP / Sia Kambou

En Côte d’Ivoire, le procès des assassins présumés du général Gueï devrait avoir lieu avant l’été, soit plus de 12 ans après les faits. Ancien candidat à la présidentielle de 2000 - battu par Laurent Gbagbo - ce haut gradé et homme d’Etat ivoirien a été assassiné en 2002 après avoir été accusé par le pouvoir d’une tentative de coup d’Etat.

L'instruction concernant l'assassinat du général Robert Gueï en 2002 est en passe d'être bouclée, selon le procureur militaire. Le procès pourrait donc avoir lieu prochainement.

« L’enquête a pris donc un an et demi. Ce n’était pas facile parce que nous avons interrogé plus d’une centaine de personnes. Une quarantaine de témoins sérieux ont été retenus pour aboutir à quinze personnes suspectées dont sept sont arrêtées. Nous nous sommes donnés au plus tard en juin pour que ce dossier soit terminé et qu’on ouvre un procès », a expliqué ce mecredi Ange Bernard Kessi Kouamé, le commissaire du gouvernement auprès du Tribunal militaire.

L'ex-général Gueï, ainsi que sa femme et des proches assassinés en septembre 2002, auraient été victimes, selon les éléments fournis par le procureur militaire, d'une expédition punitive menée par le général Dogbo Blé, le capitaine Seka et d'autres officiers de la Garde républicaine, de la gendarmerie ou des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI). Selon le magistrat, plusieurs témoins oculaires en attestent.

Aussi la perspective d'un procès à partir de juin est vécue comme un soulagement pour Albert Mabri Toikeusse, président de l'Union pour la démocratie et pour la paix en Côte d'Ivoire (UDPCI), le parti créé par le général Gueï : « C’est une attente forte tant de sa famille politique que de sa famille biologique, de ses amis, de la Côte d’Ivoire, de l’Etat. Nous souhaitons vraiment que la clarification soit faite ici. L’UDPCI attend donc vraiment avec beaucoup d’impatience ce procès. »

En attendant, la justice ivoirienne a encore du travail devant elle notamment pour juger les crimes commis lors de la crise post-électorale de 2010-2011. Après les assises pour Simone Gbagbo et ses co-accusés, ce sont à présent des militaires qui comparaissent à partir de ce jeudi devant un tribunal militaire.