Des soldats tchadiens quittent le Nigeria à la demande d’Abuja

Soldats tchadiens déployés dans la cadre de la force militaire mixte contre Boko Haram, au Nigeria, en février 2015.
© REUTERS/Emmanuel Braun

Des centaines de soldats tchadiens mobilisés dans la lutte contre Boko Haram ont quitté le Nigeria, à la demande d’Abuja. Il s’agit des soldats qui ont libéré la ville carrefour de Dikwa il y a bientôt dix jours. Ils s’étaient déjà repliés sur Gambaru vendredi, mais ils ont traversé la frontière et se trouvent désormais au Cameroun.

Le mouvement porte sur environ deux régiments tchadiens, soit environ 2 500 soldats. C’est tout du moins ce que rapportent des sources militaires dans la région. Elles précisent que les éléments tchadiens ont d'abord mis le cap sur Fotokol avant de poursuivre en direction de Maltam. Le gros des deux régiments y a fait halte, mais des détachements se dirigent vers le sud, pour installer des camps à Amchidé et Limani dans la région des monts Mandara. 

Contactés par RFI, certains soldats tchadiens font part de leur frustration. Mais le carrefour stratégique de Dikwa au Nigeria n’a pas été abandonné pour autant : l’armée nigériane a pris le relais et y a installé des hommes.

D’autres sources militaires estiment donc que ce mouvement annonce sans doute une nouvelle offensive tchadienne en zone Boko Haram au Nigeria. Les soldats tchadiens pourraient, par exemple, longer la frontière camerounaise et se positionner à la hauteur de Banki, Bama et de Gwoza, deux districts nigérians au sud-est de l’Etat de Borno, où d’importants rassemblements d’insurgés ont été signalés et où des massacres ont été commis la semaine dernière.

Frapper à partir du Cameroun, c’est frapper à partir d’un pays ami, ce qui n’est pas le cas de l’Etat de Borno, encore largement infesté par Boko Haram, a indiqué à RFI une source sécuritaire bien renseignée sur les opérations en cours dans la région.

Les contingents tchadiens pourraient, avec le concours de l’armée nigériane, qui opérerait à partir de l’ouest, tenter d’encercler les insurgés, suggère une source militaire dans la région. Mais il faudrait pour cela une réelle coordination entre nigérians et tchadiens. 

Or il y a un problème de confiance semble t-il entre les soldats des deux pays, les tchadiens estiment que leurs homologues nigérians sont peu réactifs, notamment lorsqu’il s’agit de prendre le relais et d’occuper des localités reprises à Boko Haram par les soldats tchadiens.