Boko Haram sous pression à la frontière camerouno-nigériane

Les soldats de l'armée de terre camerounaise déployés sur le poste avancé de Mabass. Une colline sur la frontière avec le Nigeria, en bas des villages occupés par Boko Haram au mois de février.
© RFI/OR

L'armée nigériane s'attaque aux places fortes de Boko Haram à la frontière camerounaise. Après avoir repris la ville de Madagali et celle de Bama, elle a bombardé la ville de Gwoza, l'un des fiefs de Boko Haram. De l'autre côté de la frontière, l'armée camerounaise est en état d'alerte et s'attend à ce que ces opérations poussent vers le Cameroun les combattants islamistes.

Boko Haram est sous pression depuis que l'armée nigériane accentue son offensive à l'est de Maiduguri, dans la bande frontalière avec le Cameroun. Après avoir repris pied à Madagali et Bama, deux villes tenues par Boko Haram, l'armée nigériane a bombardé ces derniers jours Gwoza, capitale du califat proclamé par le chef du groupe jihadiste.

Depuis une dizaine de jours, d’importants rassemblements d’insurgés ont été signalés dans les localités de Gwoza, Kerawa, Djimini, Ndaba, Kalangoubdo et Gougouro, des localités au pied des monts Mandara et non loin de la frontière avec le Cameroun. Les insurgés se sont repliés dans cette zone au sud-est de l’Etat de Borno, suite aux offensives menées par les contingents tchadiens à partir de Gambaru plus au nord. Ces derniers jours, le bataillon d'intervention rapide (Bir) a mené des tirs d'artillerie en territoire nigérian pour repousser les hommes de Boko Haram. Le Bir dit aussi avoir déjoué une attaque contre sa base de Kolofata au Cameroun.

Les jihadistes sont pris en tenaille, car en parallèle, l’armée nigériane mène des offensives à partir de l’Ouest. Face à la menace que représentent ces larges groupes d’insurgés, l’armée camerounaise, de façon préventive, s’est livrée à des tirs d’artillerie jeudi sur des positions tenues par Boko Haram à Ndaba. Les frappes ont permis de détruire plusieurs blindés et ont mis en fuite des jihadistes.

Mais en raison de mines sur les axes menant à Gwoza, les Nigérians se donnent jusqu'à mardi avant de lancer une offensive terrestre. Cependant l'avancée nigériane conjuguée à celle du corps expéditionnaire tchadien ces dernières semaines, pousse les combattants de Boko Haram vers les frontières camerounaises.