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Burundi

Présidentielle burundaise: le Conseil de sécurité de l'ONU à Bujumbura

De gauche à droite, les ambassadeurs des Etats-Unis, de France et d'Angola auprès des Nations unies, Samantha Power, François Delattre et Gaspar Martins, lors de leur visite à Bujumbura, le 13 mars 2015.
© AFP PHOTO /CARL DE SOUZA

Le Conseil de sécurité de l'ONU a fait une visite marathon ce vendredi au Burundi, un pays encore fragile et en proie à une montée de tensions qui se cristallisent autour de la question d'un éventuel troisième mandat pour le président Pierre Nkurunziza. La communauté internationale craint que la situation ne dégénère à moins de quatre mois d'une présidentielle qualifiée de cruciale pour l'avenir de ce pays. Les 15 membres du Conseil de sécurité étaient à Bujumbura pour appeler à éviter tout ce qui peut briser l'unité du pays.

Même si le Conseil de sécurité n'a jamais tranché entre les pro et les « anti-troisième mandat » pour le président burundais, ses messages sont clairs. Pendant les huit heures de leur visite-éclair à Bujumbura, les quinze membres du Conseil de sécurité des Nations unies ont rencontré tour à tour le président burundais Pierre Nkurunziza, les partis politiques, la société civile et les représentants de la communauté internationale. Ils ont trouvé une société profondément divisée sur la question d’une éventuelle candidature de Nkurunziza à sa réelection.

« Le Burundi est à un moment important de son histoire, a déclaré l’ambassadeur de France auprès des Nations unies, François Delattre, après dix ans d’efforts vers la paix profondément enracinée dans les accords d’Arusha dont la lettre et l’esprit doivent être au cœur de la feuille de route pour l’avenir aussi. »

La phrase est lâchée. En insistant clairement sur les accords d’Arusha qui énoncent qu’aucun président burundais ne peut rester plus de dix ans au pouvoir, le Conseil de sécurité des Nations unies a conforté ceux qui s’y opposent. Et à son habitude, l’ambassadrice des Etats-Unis auprès des Nations unies, Samantha Power, n’a pas mâché ses mots. « Ce que nous avons voulu faire passer comme message aujourd’hui c'est que le troisième mandat est une question extrêmement porteuse de divisions pour le Burundi, et la position des Etats-Unis est claire sur ce point : la lettre des accords d’Arusha est qu’il ne peut pas y avoir de troisième mandat. »

Un membre de la délégation onusienne a assuré à RFI qu’ils avaient fait passer leur message très clairement. « Nkurunziza a compris notre message, mais je ne sais pas ce qu’il va en faire. »

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